L’opposition congolaise revoit son calendrier politique. La Coalition des 64 (C64) a annoncé le report de la manifestation qu’elle prévoyait d’organiser le 8 juillet devant le Palais de la Nation. La mobilisation est désormais fixée au 22 juillet, une décision que ses dirigeants présentent comme un choix en faveur du dialogue plutôt qu’un abandon de leurs revendications.
Au cours d’une conférence de presse, les responsables de la plateforme ont indiqué avoir répondu favorablement à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, qui souhaite favoriser des consultations autour des tensions politiques en République démocratique du Congo.
Depuis plusieurs semaines, la C64 s’oppose à toute initiative visant à modifier ou réviser la Constitution. Selon ses dirigeants, un tel processus, dans le contexte politique et sécuritaire actuel, risquerait d’accentuer les divisions et de fragiliser davantage les institutions du pays.
Le choix initial du Palais de la Nation comme point de chute de la manifestation visait à interpeller directement les institutions de la République et le chef de l’État sur un sujet que l’opposition considère comme particulièrement sensible au regard de l’histoire politique du pays.
En acceptant de différer sa démonstration de force, la coalition affirme vouloir privilégier les mécanismes africains de prévention et de règlement des différends. Elle précise toutefois que ce report ne remet pas en cause ses revendications et prévient que la marche du 22 juillet sera maintenue si les consultations engagées sous l’égide de l’Union africaine ne débouchent pas sur des garanties jugées suffisantes quant au respect de la Constitution.
Pour les autorités, cette séquence ouvre une nouvelle phase politique, où le dialogue pourrait contribuer à apaiser les tensions, tandis qu’une absence de compromis risquerait de raviver la contestation.
L’implication du président burundais confère également une dimension régionale à ce dossier. En tant que président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye entend promouvoir les mécanismes africains de médiation pour prévenir les crises politiques sur le continent.
À moins de trois semaines de la nouvelle échéance, les regards sont désormais tournés vers les consultations annoncées. Leur issue pourrait influencer le climat politique et déterminer si le dialogue l’emportera sur la mobilisation de rue.
Par Guy Roger Tshitenge

