Kinshasa – Le Daring Club Motema Pembe (DCMP), l’un des clubs les plus titrés et emblématiques de la République démocratique du Congo, pourrait sortir de l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. À l’issue d’une réunion organisée par le ministère des Sports avec la Fédération congolaise de football association et le comité des sages du club, le Gouvernement a annoncé la disponibilité de fonds destinés à apurer les dettes du club auprès de la Fédération internationale de football association.
Pour les dirigeants et les supporters des Immaculés, cette décision représente une véritable bouffée d’oxygène. « Ce geste vient sauver le DCMP », a déclaré Jonas Mukamba, soulignant l’ampleur de la crise financière qui a conduit le club à accumuler des sanctions et à connaître une relégation historique en deuxième division.
Depuis plusieurs années, le DCMP fait face à de nombreux litiges avec d’anciens joueurs, entraîneurs et partenaires, entraînant des condamnations financières prononcées par les instances internationales. Au-delà des difficultés propres au club, cette situation a également mis en évidence les faiblesses structurelles qui affectent une partie du football congolais, notamment en matière de gouvernance, de gestion financière et d’organisation.
En chargeant la FECOFA d’engager les démarches nécessaires auprès de la FIFA pour finaliser le règlement de ces dettes, le Gouvernement affiche sa volonté de préserver un patrimoine sportif qui dépasse le simple cadre du football. Fondé en 1936, le DCMP occupe une place particulière dans l’histoire sportive nationale et demeure un symbole pour plusieurs générations de supporters.
Toutefois, cette intervention suscite aussi un débat de fond. L’utilisation de ressources publiques pour apurer les dettes d’un club privé soulève des interrogations sur l’équité entre les formations sportives et sur les responsabilités des dirigeants. Plusieurs clubs congolais connaissent eux aussi des difficultés financières et pourraient être tentés de solliciter un soutien similaire, faisant craindre la création d’un précédent.
Dans cette perspective, de nombreux observateurs estiment que cette aide exceptionnelle devrait s’accompagner d’exigences strictes en matière de gouvernance. La mise en place d’audits indépendants, l’amélioration de la transparence financière, la publication régulière des comptes et le renforcement des mécanismes de contrôle apparaissent comme des conditions essentielles pour éviter que de telles crises ne se reproduisent.
Le sauvetage du DCMP peut ainsi constituer une opportunité de relance, non seulement pour le club, mais aussi pour l’ensemble du football congolais. Son succès dépendra toutefois de la capacité des différents acteurs à transformer cette intervention ponctuelle en une réforme durable de la gestion des clubs, afin que l’aide de l’État reste une mesure exceptionnelle et non un mode de fonctionnement permanent.
Par Guy Roger Tshitenge

