La crise politique autour de la loi sur le référendum prend une nouvelle dimension en République démocratique du Congo. Réunie au sein de la coalition C64, une partie de l’opposition ne se limite plus à dénoncer un éventuel projet de révision constitutionnelle : elle remet désormais en cause la légitimité même du président Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration particulièrement virulente, l’opposant Jean-Marc Kabund a affirmé que le peuple congolais « ne devra plus reconnaître Félix Tshisekedi comme Président de la République », estimant que ce dernier serait « entré en rébellion contre la loi fondamentale ». L’ancien allié du chef de l’État appelle ainsi à « le dévêtir du costume de Président de la République ».

Dans cette perspective, la C64 annonce l’organisation, le 8 juillet prochain, d’une marche sur l’ensemble du territoire national avec comme point de chute à Kinshasa le Palais de la Nation. Selon les organisateurs, cette mobilisation vise à dénoncer l’adoption de la loi sur le référendum et à exiger la démission du chef de l’État, accusé par l’opposition d’avoir trahi son engagement de respecter la Constitution et de servir l’intérêt supérieur de la Nation.
Cette nouvelle offensive politique marque un changement de stratégie. Après avoir mené la bataille au Parlement, où elle a tenté sans succès de bloquer le texte sur le référendum, l’opposition entend désormais déplacer le rapport de force dans la rue. Pour plusieurs observateurs, la contestation entre dans une phase plus sensible où s’affrontent désormais deux visions : celle des partisans du maintien du cadre constitutionnel actuel et celle des défenseurs d’une réforme institutionnelle.

Cependant, malgré cette montée de la tension politique, le processus institutionnel suit son cours. Après l’adoption de la loi sur le référendum par le Parlement, le président de la République dispose d’un délai constitutionnel de quinze jours pour promulguer le texte ou le renvoyer aux chambres pour une nouvelle lecture. Au regard de la majorité dont dispose l’Union Sacrée au sein des institutions, plusieurs analystes considèrent que la promulgation demeure, à ce stade, l’hypothèse la plus probable.
L’annonce de cette marche nationale intervient ainsi dans un climat politique de plus en plus polarisé, où les débats sur la réforme institutionnelle dépassent désormais le cadre parlementaire pour s’installer au cœur de l’espace public. Les prochaines semaines pourraient donc s’avérer déterminantes pour l’évolution du paysage politique congolais.
Par la rédaction

