Le gouvernement congolais entend franchir une nouvelle étape dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo. Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, a annoncé ce lundi 15 juin la mise en place prochaine de la gratuité des soins de santé dans les provinces affectées par la maladie.
Cette mesure vise à lever les barrières financières qui empêchent une partie de la population d’accéder rapidement aux structures sanitaires. Les autorités espèrent ainsi favoriser le dépistage précoce, améliorer la prise en charge des patients et renforcer l’efficacité globale de la riposte contre l’épidémie qui touche notamment l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Cette annonce intervient alors que les acteurs humanitaires continuent de tirer la sonnette d’alarme sur l’évolution de la situation. Présente en première ligne de la riposte, l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières a renforcé les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les structures de santé qu’elle accompagne. Ses équipes poursuivent également des activités de sensibilisation communautaire, de surveillance épidémiologique et de formation du personnel médical.
Depuis la déclaration de l’épidémie, MSF a déjà mis en place plusieurs centres de traitement Ebola à Bunia, Mongbwalu, Komanda, Goma, Bukavu et Lwiro. D’autres unités d’isolement et de prise en charge sont en préparation afin d’augmenter les capacités d’accueil dans les zones les plus exposées.
Malgré l’intensification des efforts, l’organisation humanitaire estime que d’importantes insuffisances persistent encore un mois après le début de l’épidémie. Elle appelle à une mobilisation accrue des autorités nationales, des partenaires internationaux et des communautés locales afin d’éviter une propagation plus large du virus.
La décision annoncée par le gouvernement pourrait constituer un tournant majeur dans la riposte sanitaire. En garantissant un accès gratuit aux soins dans les provinces concernées, les autorités espèrent non seulement protéger les populations les plus vulnérables, mais également freiner la circulation du virus avant qu’il ne gagne de nouvelles zones du pays.
Par la rédaction

