Kinshasa – La Coalition des cinq principaux leaders de l’opposition, connue sous l’appellation C64, a annoncé le report de la marche pacifique qu’elle prévoyait d’organiser le 22 juillet devant le Palais de la Nation. Cette décision intervient après les appels au dialogue lancés par les responsables des Églises catholique et protestante ainsi que les signaux d’ouverture exprimés par la Présidence de la République.
Dans un communiqué, Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (Alliance pour le Changement), Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol) indiquent répondre favorablement à l’appel du cardinal Fridolin Ambongo (CENCO) et du révérend André Bokundoa (ECC). Ils disent également prendre acte de la volonté affichée par le président Félix Tshisekedi d’organiser un « dialogue inclusif, apaisé et résolument républicain ».

La coalition insiste toutefois sur le fait que ce report ne constitue ni un recul politique ni un abandon de ses revendications. Elle fixe à l’exécutif un ultimatum au 15 août 2026, exigeant que le dialogue national inclusif soit officiellement convoqué avant cette échéance et que les engagements annoncés se traduisent par des actes concrets.
À défaut, la C64 prévient qu’elle se réserve le droit de relancer des actions citoyennes, estimant que le dialogue ne peut rester au stade des déclarations d’intention. Pour les cinq leaders, seule une démarche crédible, inclusive et transparente est susceptible de répondre à la crise politique et institutionnelle que traverse le pays.

La coalition met également en garde contre toute initiative susceptible d’alimenter les tensions, citant notamment une éventuelle promulgation d’une loi relative au référendum constitutionnel. Selon elle, une telle décision risquerait de compromettre le climat d’apaisement nécessaire à la réussite du dialogue.
Cette nouvelle séquence politique confirme que le dialogue national est désormais au cœur des enjeux en RDC. Alors que les principales forces politiques, les confessions religieuses et les institutions affichent leur volonté de privilégier la concertation, les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer la capacité des différents acteurs à transformer cette dynamique en un véritable processus de sortie de crise.
Par Jason Mbo Itoo

