Rutshuru – Le Conseil Territorial de la Jeunesse (CTJ) de Rutshuru, au Nord-Kivu, alerte sur de présumées violations des droits humains liées à des travaux d’entretien de la ligne haute tension exploitée par Virunga Énergies SAU. Dans une déclaration publiée le 31 juillet 2026, l’organisation affirme que des habitants de plusieurs localités auraient été contraints de participer à ces travaux sous la surveillance d’éléments de l’AFC/M23. Ces allégations n’ont pas été confirmées de manière indépendante et n’ont pas encore suscité de réaction officielle de l’entreprise ou des responsables mis en cause.
Selon le document signé par le président du CTJ-Rutshuru, Twizere Sebashitsi Patient, les faits se seraient produits les 20 et 27 juillet dans les groupements de Kisigari et Rugari, en chefferie de Bwisha. Des témoignages recueillis dans plusieurs villages, notamment Biruma, Katale, Rumangabo, Bugobwa, Budyuku et Bushenge, évoquent des travaux communautaires, communément appelés Salongo, consacrés à l’élagage des arbres longeant la ligne électrique.

Le CTJ soutient que ces activités auraient été imposées aux populations civiles sous la surveillance de militaires armés et que les personnes refusant d’y participer se verraient infliger une amende de 100 000 francs congolais. L’organisation estime que ces travaux s’éloignent de l’esprit traditionnel du Salongo, généralement consacré à l’entretien des infrastructures communautaires, et serviraient principalement les intérêts d’une entreprise privée.
Dans son alerte, le Conseil revient également sur le projet d’adduction d’eau potable annoncé depuis plusieurs années pour le village de Kayenzi, dans le groupement de Kisigari. Selon les habitants cités par le CTJ, ce projet porté par Virunga Énergies n’aurait toujours pas été réalisé, obligeant les populations à parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau potable.

Face à ces allégations, le CTJ-Rutshuru demande la cessation immédiate de toute forme de travail forcé, le recrutement de personnel conformément à la législation du travail pour l’entretien des installations électriques, ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités. L’organisation appelle également Virunga Énergies à honorer ses engagements concernant l’accès à l’eau potable et invite les autorités compétentes, les organisations de défense des droits humains et les mécanismes des Nations unies à suivre de près cette situation.
Au moment de la publication de cette information, Virunga Énergies SAU, les autorités concernées et les responsables de l’AFC/M23 n’avaient pas réagi aux accusations formulées par le Conseil Territorial de la Jeunesse de Rutshuru.
Par Kanoba Obadias

