Kinshasa — Urbanisme | La capitale congolaise veut mettre de l’ordre dans son paysage publicitaire. Pour la première fois, Kinshasa se dote d’un Plan cadastral publicitaire, un dispositif destiné à organiser l’implantation des panneaux et autres supports de publicité extérieure et à mettre progressivement fin à leur prolifération anarchique dans l’espace urbain.
Cette initiative vise notamment à mieux encadrer les emplacements, les dimensions et l’intégration des dispositifs publicitaires dans leur environnement. Dans une ville où panneaux, enseignes et autres supports se sont multipliés le long des grandes artères, parfois sans véritable cohérence visuelle, le nouveau cadre entend introduire davantage de discipline dans l’exploitation publicitaire de l’espace public.

Mais l’enjeu dépasse la seule réglementation du secteur. Le Plan cadastral publicitaire comporte également une importante dimension esthétique. En définissant plus clairement les espaces pouvant accueillir les supports publicitaires, Kinshasa ambitionne de réduire la pollution visuelle, préserver certains sites et améliorer progressivement l’image de la capitale. La publicité extérieure est ainsi appelée à s’intégrer davantage au paysage urbain plutôt qu’à le saturer.
Cette réorganisation pourrait également apporter davantage de lisibilité aux annonceurs et aux opérateurs du secteur. Un environnement réglementé, avec des emplacements clairement identifiés et des normes connues, peut contribuer à rendre le marché publicitaire plus structuré tout en permettant aux pouvoirs publics de mieux contrôler l’occupation de l’espace.

Le lancement de ce dispositif intervient par ailleurs dans un contexte marqué par plusieurs opérations visant à désengorger, assainir et embellir Kinshasa. Après les actions contre certaines occupations anarchiques des emprises publiques, la maîtrise des supports publicitaires apparaît comme un autre volet de la reconquête du paysage urbain. Une capitale plus propre ne se mesure en effet pas uniquement à l’évacuation des déchets, mais également à l’organisation de ses espaces et à la qualité de son environnement visuel.
Reste désormais l’épreuve la plus importante : l’application sur le terrain. L’adoption d’un Plan cadastral publicitaire ne suffira pas si les implantations irrégulières persistent ou si les règles ne sont pas appliquées de manière uniforme. La réussite de cette réforme dépendra donc de la capacité des autorités à assurer le contrôle, à faire respecter les normes et à inscrire cette discipline dans la durée. C’est à cette condition que le nouveau dispositif pourra réellement contribuer à redonner à Kinshasa un visage plus ordonné, plus attractif et digne de l’ambition de redevenir durablement « Kinshasa la belle ».
Par Guy Roger Tshitenge

