KINSHASA — La marche de la Coalition Article 64 (C64), prévue ce mardi 15 septembre à l’occasion de la rentrée parlementaire, pourra finalement se tenir dans la capitale congolaise, mais sans converger vers le Palais du Peuple. À l’issue d’une réunion de concertation organisée lundi entre les responsables de l’opposition et les autorités urbaines, un compromis a été trouvé : la manifestation est maintenue, tandis que son point de chute est déplacé vers le siège de l’ECiDé, dans la commune de Kasa-Vubu.
Selon Israël Mutala, Secrétaire exécutif du Gouvernement provincial de Kinshasa, l’itinéraire initial a été réaménagé afin de tenir compte des lois et règlements de la République et, particulièrement, de l’inviolabilité du Parlement qui effectue sa rentrée le même jour. La C64 renonce ainsi à conduire ses manifestants jusqu’au siège du Parlement ou dans ses abords immédiats. Le rassemblement doit désormais prendre fin près du siège de l’ECiDé, à proximité de l’école Sévigné et en face du Stade des Martyrs.
Ce changement constitue le principal élément du compromis. La C64 conserve la possibilité de manifester et de porter son message politique contre le changement de la Constitution, mais le Palais du Peuple est soustrait au parcours de la foule. Une délégation restreinte de la coalition devra ensuite se rendre à l’Assemblée nationale pour y déposer le mémorandum de l’opposition, permettant ainsi à la revendication politique d’atteindre le Parlement sans y déplacer l’ensemble des manifestants.

La Police nationale congolaise est appelée à assurer l’encadrement de la marche. Au cours de la concertation, les responsables de l’opposition se sont engagés à sensibiliser leurs militants au caractère pacifique de la mobilisation, au respect des forces de l’ordre et des institutions ainsi qu’au rejet des insultes, provocations et actes de vandalisme. Les autorités provinciales ont, de leur côté, rappelé que les comportements susceptibles de troubler l’ordre public exposeraient leurs auteurs aux dispositions prévues par la loi.
Ce compromis intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. La C64 avait initialement choisi la rentrée parlementaire pour conduire sa contestation jusqu’au siège de la représentation nationale, donnant à sa mobilisation une forte portée symbolique. En éloignant le point de chute du Palais du Peuple tout en maintenant la marche, l’Hôtel de Ville cherche donc à concilier l’exercice de la liberté de manifestation avec la sécurisation du fonctionnement des institutions.
La journée de ce mardi constituera désormais le véritable test de cet accord. Pour la C64, l’enjeu sera de démontrer sa capacité de mobilisation tout en respectant le cadre négocié ; pour les autorités, celui d’assurer la sécurité sans empêcher l’expression pacifique de la contestation. Le Palais du Peuple ne sera finalement pas le point de chute de la rue, mais le message de la rue, lui, devrait bien parvenir aux parlementaires.
Par Didier Mbongomingi

