KINSHASA, 15 septembre 2026 – À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, qui coïncide avec la Journée mondiale de sensibilisation au lymphome, le député national Jean-Jacques Mbungani Mbanda appelle la République démocratique du Congo à ne pas dissocier les progrès démocratiques de l’amélioration des conditions sanitaires de la population. « Il ne peut y avoir de véritable démocratie sans un peuple en bonne santé », affirme l’ancien ministre de la Santé.
Médecin et élu de Budjala, dans le Sud-Ubangi, Jean-Jacques Mbungani appuie son plaidoyer sur le poids mondial du lymphome. Citant les estimations GLOBOCAN 2022 du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC), il relève 553 389 nouveaux cas et 250 679 décès dus au lymphome non hodgkinien dans le monde, auxquels s’ajoutent environ 82 469 nouveaux cas de lymphome de Hodgkin. Il rappelle également que les progrès thérapeutiques peuvent considérablement améliorer le pronostic : pour le lymphome de Hodgkin, la survie relative à cinq ans atteint environ 89 % tous stades confondus dans les populations américaines étudiées.

La situation congolaise nourrit davantage son interpellation. Selon les données reprises dans son message, la RDC aurait enregistré en 2022 environ 52 612 nouveaux cas de cancer et 37 575 décès. Le lymphome non hodgkinien aurait représenté, chez les hommes, 1 078 nouveaux cas estimés, soit 4,7 % des cancers masculins et le quatrième cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans cette catégorie. Mbungani invite toutefois à la prudence dans l’interprétation de ces statistiques, la RDC ne disposant pas encore d’un registre national du cancer suffisamment exhaustif. Pour le député, cette faiblesse statistique constitue déjà un problème de santé publique : le pays doit mieux connaître le nombre, la localisation et les pathologies des malades pour organiser efficacement sa réponse.
C’est surtout la fracture territoriale dans l’accès aux soins que l’élu de Budjala place au cœur de son message. Dans son territoire comme dans de nombreuses zones éloignées des grands centres urbains, scanners, laboratoires spécialisés, anatomopathologie et services d’oncologie restent difficilement accessibles. Les familles doivent parfois parcourir de longues distances et engager des dépenses considérables simplement pour obtenir un diagnostic ou accéder à un traitement spécialisé. Une situation qui transforme, selon lui, la maladie en question de justice sociale, de dignité humaine et, finalement, de démocratie.

L’ancien ministre propose ainsi une lecture concrète de la démocratie : elle doit « écouter » les citoyens jusque dans les territoires éloignés, « soigner » le pauvre avec la même dignité que le riche et « protéger » en rapprochant progressivement des populations les moyens de dépistage, de diagnostic et de traitement du cancer. Au-delà des institutions, des élections et de la liberté d’expression, Mbungani défend donc une démocratie dont les effets doivent être perceptibles dans la vie quotidienne. « Cette démocratie doit ouvrir deux portes indissociables : la porte du développement et celle de l’accès aux soins appropriés », insiste-t-il.
Son message se referme sur une formule qui résume ce plaidoyer pour une démocratie à dimension sociale : « Un patient atteint d’un lymphome à Budjala doit pouvoir espérer les mêmes chances de diagnostic précoce et de traitement qu’un patient à Bruxelles. » Médecin lorsqu’il s’agit de protéger la vie et élu lorsqu’il faut porter cette exigence dans l’action publique, Jean-Jacques Mbungani entend faire de l’équité sanitaire une composante de la citoyenneté congolaise : « Une démocratie sans santé est une coquille vide. Une santé sans démocratie devient un privilège. »
Par la rédaction

