À Genève, la République démocratique du Congo a porté sa voix devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à travers la ministre d’État en charge des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Ève Bazaiba Masudi. Face aux représentants internationaux, elle a présenté un état des lieux préoccupant de la situation humanitaire que traverse le pays.
Dans son intervention, la ministre a décrit une crise prolongée, aggravée par l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC. Cette région, en proie à l’activisme des groupes armés et à des tensions régionales, continue d’enregistrer des déplacements massifs de populations ainsi que de graves violations des droits humains, fragilisant davantage les communautés locales.
Selon Ève Bazaiba Masudi, cette tribune internationale constitue une opportunité majeure pour alerter la communauté internationale sur l’ampleur des besoins. Elle a rappelé qu’un plan d’urgence humanitaire de 1,4 milliard de dollars, lancé en décembre 2025, vise à assister plus de 7 millions de personnes, mais demeure largement sous-financé à ce jour.
La ministre a ainsi appelé à une mobilisation accrue et coordonnée des partenaires techniques et financiers, soulignant que l’insuffisance des ressources compromet l’efficacité des réponses humanitaires sur le terrain. Elle a insisté sur l’urgence d’agir pour éviter une aggravation de la crise et répondre aux besoins essentiels des populations affectées.
Au-delà de l’assistance immédiate, cette intervention met en lumière la nécessité d’une approche durable, combinant sécurité, développement et gouvernance, afin de s’attaquer aux causes profondes de la crise. Pour la RDC, l’enjeu est de transformer l’attention internationale en actions concrètes au bénéfice des millions de citoyens touchés.
Dans un contexte africain marqué par des crises multiples, le plaidoyer de Kinshasa rappelle l’importance de la solidarité internationale, mais aussi de solutions endogènes, capables de renforcer la résilience des populations et de construire une paix durable.
Par Didier Mbongomingi

