Washington, 25 mars 2026 – L’incident survenu mardi au Four Seasons Hotel de Washington impliquant la Première dame de la République Démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, prend une nouvelle dimension après l’identification d’un acteur rwandais au cœur de l’affaire. Le colonel Bazatoha Raoul, attaché militaire accrédité auprès de l’ambassade du Rwanda aux États‑Unis, est désormais présenté par les sources congolaises comme ayant joué un rôle central dans l’organisation ou la coordination des présumés assaillants.
Cette révélation alimente la suspicion de Kinshasa, qui s’appuie sur un passé marqué par des incidents similaires. Des affaires comme l’assassinat de Seth Sendashonga en 1998, la mort d’Andre Kagwa Rwisereka en 2010 ou l’étranglement de Patrick Karegeya en Afrique du Sud en 2013 nourrissent le sentiment que certaines opérations sont le produit d’une pratique récurrente de ciblage de personnalités politiques par des services rwandais. Dans ce contexte, l’implication présumée du colonel Bazatoha confère à l’incident de Washington un caractère inédit et inquiétant pour la partie congolaise.
La révérende Christine Coleman, alliée du président américain Donald Trump, a amplifié ce volet nouveau en publiant un message sur les réseaux sociaux dans lequel elle accuse le colonel Bazatoha d’avoir « exfiltré » les agents rwandais impliqués et appelle à son expulsion si ces informations étaient confirmées. Ces déclarations, relayées par le cabinet Von Batten‑Montague‑York, L.C., contribuent à intensifier un climat de suspicion et de crispation diplomatique.
Si les accusations devaient être vérifiées, la réponse américaine pourrait se limiter à une déclaration de « persona non grata » et à l’expulsion du diplomate, conformément aux règles de la Convention de Vienne, une procédure pénale classique restant improbable en raison de l’immunité dont bénéficient les attachés militaires.
Cet élément nouveau, mettant en lumière un acteur identifié et le contexte de précédents inquiétants, donne à l’incident de Washington une gravité supplémentaire. Il souligne combien la méfiance entre Kinshasa et Kigali demeure vive et combien un simple accrochage peut être interprété comme un signal politique et sécuritaire majeur.
Alors que les enquêtes se poursuivent, le monde observe si cette révélation transformera un incident hôtelier en un point de rupture diplomatique ou restera un épisode inquiétant mais circonscrit.
Par Didier Mbongomingi

