Par l’Honorable Dr Jean-Jacques Mbungani
Kinshasa, le 5 juillet 2026—L’histoire nous a appris une leçon que nous ne pouvons pas nous permettre d’oublier : Ebola ne disparaît jamais parce que nous cessons d’en parler. Au contraire, le virus profite de chaque moment de relâchement pour reprendre du terrain. C’est pourquoi je lance aujourd’hui un appel solennel à tous nos compatriotes. Face à cette nouvelle flambée de maladie à virus Ebola, la vigilance n’est pas une option ; elle est un devoir citoyen.
Certes, les efforts des équipes de riposte permettent d’enregistrer des guérisons qui redonnent espoir. Mais ces bonnes nouvelles ne doivent pas masquer une réalité beaucoup plus inquiétante. Plus de 1 500 cas confirmés et 438 décès ont déjà été enregistrés, soit un taux de létalité de 31,2 %. Derrière ces statistiques se trouvent des familles endeuillées, des enfants devenus orphelins et des communautés profondément affectées. Chaque décès est un rappel que la bataille contre Ebola est loin d’être gagnée.

Notre pays n’en est malheureusement pas à sa première épidémie. Au fil des années, la République démocratique du Congo a acquis une expertise reconnue dans la lutte contre cette maladie. Nous savons comment le virus se transmet. Nous savons comment le prévenir. Nous savons également qu’une prise en charge rapide permet de sauver des vies et de limiter la propagation. Pourtant, le virus continue de circuler. Cela signifie que notre principal adversaire n’est plus seulement Ebola, mais aussi le relâchement des comportements de prévention, les rumeurs, la désinformation et, parfois, la méfiance envers les équipes sanitaires.
Il est essentiel que chacun puisse reconnaître les premiers signes de la maladie. Ebola débute souvent comme une simple grippe : une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, une fatigue intense, des nausées, des vomissements ou des diarrhées. Dans les formes les plus sévères apparaissent des saignements internes ou externes, d’où son appellation de fièvre hémorragique. Devant ces symptômes, il ne faut ni s’automédiquer ni attendre à domicile. Se rendre immédiatement dans un centre de santé demeure le meilleur moyen de protéger sa propre vie et celle de ses proches.

Il est tout aussi important de rappeler que le virus se transmet par contact avec les liquides biologiques d’une personne infectée ou décédée, mais également à partir d’animaux sauvages contaminés, notamment les chauves-souris, les singes ou certaines antilopes. Un aspect demeure encore insuffisamment connu : un homme guéri peut continuer à transmettre le virus par voie sexuelle pendant plusieurs mois, le virus pouvant persister dans le sperme. Cette réalité impose le strict respect des recommandations formulées par les équipes médicales.
Face à cette menace, les gestes de prévention restent notre meilleure arme. Évitons tout contact direct avec une personne malade ou un corps sans équipement de protection. Renonçons à la consommation de viande de brousse susceptible d’être contaminée. Lavons-nous régulièrement les mains avec de l’eau et du savon ou une solution hydroalcoolique. Signalons sans délai tout cas suspect aux autorités sanitaires. Enfin, faisons confiance aux professionnels de santé qui, souvent au péril de leur propre vie, sont mobilisés pour protéger la population.

Au-delà des pouvoirs publics et des professionnels de santé, la lutte contre Ebola est l’affaire de toute la Nation. Chaque parent, chaque enseignant, chaque leader communautaire, chaque responsable religieux et chaque citoyen a un rôle à jouer. Une épidémie ne se combat pas uniquement dans les hôpitaux ; elle se combat aussi dans nos foyers, nos quartiers et nos villages, par des comportements responsables et une solidarité sans faille.
J’invite donc chaque Congolaise et chaque Congolais à ne pas céder à la peur, mais à faire preuve de responsabilité. Notre pays a déjà démontré qu’il était capable de vaincre Ebola lorsque la mobilisation est totale. Nous pouvons y parvenir à nouveau, à condition que chacun assume sa part de responsabilité.
Ensemble, barrons la route au virus Ebola-Bundibugyo. Protégeons nos familles, nos communautés et notre pays. La vigilance d’aujourd’hui est la garantie des vies sauvées demain.
@tropik1fos.com

