Depuis le 2 juillet, les établissements scolaires de la République démocratique du Congo ont fermé leurs portes pour les vacances. Après les épreuves de l’Examen d’État et la publication progressive des résultats, des millions d’élèves disposent désormais de plusieurs semaines de repos. Cette période pourrait constituer une occasion privilégiée de développer leurs compétences, de découvrir de nouveaux centres d’intérêt et de renforcer leur épanouissement personnel.
Dans de nombreux pays, les vacances sont mises à profit pour organiser des colonies de vacances, des stages sportifs, des ateliers scientifiques, des bibliothèques temporaires, des visites culturelles ou encore des formations artistiques et numériques. Ces initiatives offrent aux jeunes un cadre structuré où loisirs et apprentissage se complètent.
À Kinshasa, plusieurs observateurs estiment que l’offre destinée aux jeunes reste largement dominée par les kermesses organisées dans différentes communes de la capitale. Si ces manifestations constituent des espaces de détente appréciés par une partie de la population, leur contenu est souvent orienté vers les spectacles, les concerts et les activités récréatives, avec peu d’initiatives éducatives ou de développement des compétences.
Cette situation soulève une interrogation plus large sur la politique d’encadrement des vacances scolaires. Les pouvoirs publics, les collectivités locales, les écoles, les associations, les Églises et le secteur privé pourraient davantage promouvoir des activités complémentaires telles que des tournois sportifs, des concours de lecture, des ateliers d’informatique, des formations aux métiers, des clubs scientifiques, des programmes de volontariat ou encore des espaces dédiés à l’entrepreneuriat des jeunes.
Il convient toutefois d’éviter toute généralisation. Toutes les kermesses ne se résument pas à la consommation d’alcool ou aux animations nocturnes, et certaines proposent également des activités familiales ou culturelles. De même, plusieurs organisations de la société civile, établissements scolaires et communautés mettent déjà en place des initiatives d’encadrement pendant les vacances, même si leur couverture demeure limitée face aux besoins de la jeunesse.
Au-delà du débat sur les kermesses, la question essentielle reste celle de l’investissement dans le capital humain. Les vacances scolaires représentent une opportunité pour renforcer les savoirs, révéler les talents et promouvoir les valeurs citoyennes. Une stratégie nationale associant les ministères de l’Éducation, de la Jeunesse, des Sports, de la Culture, les communes et les partenaires privés permettrait de transformer cette période en un véritable levier de développement.
Investir dans l’encadrement des jeunes pendant les vacances ne relève pas uniquement de la politique éducative ; c’est un choix stratégique pour préparer les citoyens de demain. Plus les possibilités d’apprentissage, de sport, de culture et d’engagement sont nombreuses, plus les jeunes disposent d’alternatives positives pour construire leur avenir et contribuer au développement de la République démocratique du Congo.
Par Zéphyr Kaninda Mukanya

