Kinshasa, 15 juillet 2026 – La ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaïba Masudi, a reçu mercredi une délégation de l’UNESCO conduite par le chef de la section Éducation, Saip Sy, venue présenter un ambitieux projet destiné à offrir une seconde chance aux enfants déscolarisés, non scolarisés ainsi qu’aux adultes analphabètes grâce au développement de l’éducation non formelle en République démocratique du Congo.
Mis en œuvre par l’UNICEF et financé par le Gouvernement du Japon, ce programme régional concerne également le Nigeria et le Soudan du Sud. En RDC, son déploiement se fera progressivement à travers plusieurs provinces pilotes, sélectionnées selon les besoins des populations, l’accessibilité des zones, les capacités d’accueil des structures d’encadrement ainsi que le contexte sécuritaire.
Les échanges ont notamment porté sur les orientations stratégiques à donner au projet avant son lancement. Dans cette perspective, un atelier national de planification est prévu du 2 au 6 août 2026 à Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo Central. Cette rencontre réunira les principaux acteurs concernés afin de définir les activités préparatoires au démarrage officiel du programme, envisagé le 12 août prochain, sous réserve de la disponibilité de la ministre d’État.
Au-delà de l’alphabétisation, l’initiative intègre un important volet de formation professionnelle, avec l’objectif de renforcer l’employabilité des bénéficiaires et de faciliter leur autonomie économique. Le projet prévoit également la réintégration des enfants dans le système éducatif formel lorsque leur situation le permet, afin de limiter durablement le décrochage scolaire.

Lors de la rencontre, Ève Bazaïba Masudi a insisté sur la nécessité de donner une véritable valeur académique à l’éducation non formelle. Elle a plaidé pour la mise en place d’un parcours autonome débouchant sur une certification officiellement reconnue, permettant aux adultes analphabètes d’accéder à une qualification valorisable sur le marché de l’emploi et, grâce à des passerelles, de poursuivre des études dans le système éducatif formel, y compris dans l’enseignement supérieur.
Cette proposition répond à un défi majeur en RDC, où des millions d’adultes n’ont jamais eu accès à l’école ou ont quitté prématurément le système éducatif. En offrant une reconnaissance officielle des compétences acquises, le Gouvernement entend faire de l’éducation non formelle un véritable outil d’inclusion sociale, de réduction de la pauvreté et de développement économique, plutôt qu’un simple programme d’alphabétisation.
En saluant cette initiative, la ministre d’État a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à promouvoir une éducation inclusive et équitable, capable d’offrir une seconde chance aux populations les plus vulnérables. Pour les partenaires du projet, le renforcement du capital humain demeure un levier essentiel pour réduire l’analphabétisme, lutter contre l’exclusion scolaire et favoriser une insertion sociale et professionnelle durable des bénéficiaires à travers tout le pays.
Par Didier Mbongomingi

