Les activités socio-économiques sont fortement perturbées depuis ce vendredi à Kasindi, important poste frontalier du Nord-Kivu, à la suite d’une grève déclenchée par la Fédération des Entreprises du Congo, l’Association des Commissionnaires en Douane Agréés et plusieurs organisations de la société civile.
À l’origine de ce mouvement de contestation figurent de nouvelles taxes imposées par la Direction Générale des Douanes et Accises, vivement rejetées par les opérateurs économiques locaux. Ces derniers qualifient ces mesures de « suicidaires », estimant qu’elles risquent de fragiliser davantage un commerce transfrontalier déjà affecté par l’insécurité et les contraintes logistiques.
Sur le terrain, les effets de la mobilisation sont visibles : boutiques fermées, entrepôts à l’arrêt et ralentissement du trafic témoignent d’une paralysie quasi totale des activités. Les grévistes dénoncent une pression fiscale excessive qui pourrait, selon eux, entraîner une hausse des prix des produits de première nécessité et peser davantage sur le pouvoir d’achat des populations.
Les organisations à l’origine du mouvement exigent la suspension immédiate de ces nouvelles mesures fiscales ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec les autorités compétentes. Elles plaident pour une concertation inclusive, capable de concilier les impératifs de mobilisation des recettes publiques et la viabilité des activités économiques locales.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des autorités, un silence qui alimente les inquiétudes des opérateurs économiques et renforce le climat d’incertitude.
En l’absence d’un compromis rapide, les initiateurs préviennent que le mouvement pourrait se durcir dans les prochains jours, avec des répercussions potentiellement importantes sur l’économie locale et les échanges commerciaux entre la RDC et les pays voisins.
Par Kanoba Obadias

