Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des ADF a endeuillé la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Dans une déclaration publiée le 11 juin 2026, le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) a condamné avec fermeté cette incursion meurtrière survenue dans la nuit du 10 au 11 juin dans la cellule Munzambaye, en commune de Ruwenzori, et a appelé les autorités à renforcer la protection des populations civiles.
Selon les informations relayées par l’organisation, au moins trois civils ont été tués lors de cette attaque. Plusieurs habitants auraient également été enlevés par les assaillants, tandis que six maisons ont été incendiées, plongeant les familles de la zone dans la détresse et la peur. Cette nouvelle violence a provoqué un déplacement de nombreux habitants vers des secteurs jugés plus sûrs.
Le CIDHC souligne que cette attaque intervient dans un contexte particulièrement préoccupant, alors même que Beni abrite le siège provisoire des institutions provinciales du Nord-Kivu ainsi que d’importants dispositifs sécuritaires. La ville accueille notamment le quartier général des opérations Sokola I, le commandement conjoint FARDC-UPDF dans le cadre des opérations Shujaa ainsi que des contingents de la MONUSCO.
Pour l’organisation de défense des droits humains, la répétition des attaques contre les civils malgré cette forte présence militaire soulève de sérieuses interrogations sur l’efficacité des mécanismes de sécurité déployés dans la région. Le consortium estime que la protection des populations demeure insuffisante face à la menace persistante des groupes armés.
Le CIDHC rappelle que cette tragédie s’inscrit dans la continuité d’une longue série de massacres ayant frappé le territoire de Beni au cours des dernières années, notamment dans les localités de Ngadi, Vemba et Mbau. Ces violences récurrentes continuent d’alimenter un sentiment d’abandon au sein des communautés locales, confrontées à une insécurité chronique.
Face à cette situation, l’organisation appelle à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les circonstances exactes de l’attaque et d’identifier les responsables. Elle plaide également pour une évaluation transparente des opérations militaires Sokola I et Shujaa ainsi que de la coordination entre les forces congolaises, ougandaises et la MONUSCO.
Le CIDHC demande enfin un renforcement urgent des mesures de protection des civils et une assistance humanitaire immédiate en faveur des familles endeuillées, des blessés et des personnes déplacées. Tout en présentant ses condoléances aux proches des victimes, l’organisation réaffirme que la sécurité des populations doit demeurer la priorité absolue des autorités et de leurs partenaires engagés dans la stabilisation de l’Est de la RDC.
Par Kanoba Obadias

