L’inquiétude monte dans le quartier Maréchal Mobutu, communément appelé Pagotte, dans la commune de Nsele à Kinshasa. Des habitants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative de spoliation foncière et appellent le président de la République, Félix Tshisekedi, à intervenir pour prévenir une crise sociale autour de plusieurs centaines d’hectares de terres occupées depuis de nombreuses années par des familles de la zone.
Réunis lors d’une activité de sensibilisation consacrée aux droits fonciers, les résidents ont affirmé vivre sur une concession d’environ 200 hectares dont ils revendiquent la légalité de l’occupation. Selon eux, leurs droits seraient appuyés par des documents administratifs liés à la succession de Mobutu Sese Seko ainsi que par des actes émanant du ministère des Affaires foncières. Ils se disent aujourd’hui confrontés à l’arrivée d’investisseurs qui revendiqueraient la propriété du site.

Au nom de la communauté, Tshiseka Wanzambi David a expliqué que plusieurs interventions auraient déjà été observées sur le terrain. Des engins lourds auraient été déployés dans certaines zones et des habitants auraient reçu des injonctions de quitter leurs parcelles sans qu’aucune décision officielle ou justification juridique ne leur soit présentée. « Nous ne sommes pas opposés au développement ni aux investissements. Nous demandons simplement que les droits des populations vivant légalement sur ces terres soient respectés », a-t-il déclaré.
Les occupants de Pagotte affirment ne pas comprendre sur quelle base les terrains seraient réattribués à de nouveaux acquéreurs. Ils réclament davantage de transparence de la part des autorités compétentes et souhaitent que toute opération foncière fasse l’objet d’une clarification préalable afin d’éviter des tensions inutiles entre investisseurs et populations locales.

Face à cette situation, les habitants sollicitent l’implication des services fonciers, des autorités provinciales et des juridictions compétentes afin d’établir clairement les droits de chaque partie. Ils estiment qu’une intervention rapide de l’État permettrait d’éviter une escalade du conflit et de garantir la sécurité juridique des résidents comme des investisseurs.
Dans leur appel adressé au chef de l’État, les résidents de Pagotte demandent un arbitrage impartial des institutions de la République. Tout en réaffirmant leur ouverture au dialogue, ils assurent qu’ils continueront à défendre leurs droits par les voies légales jusqu’à ce que le dossier soit définitivement clarifié. Une affaire qui remet une nouvelle fois au centre du débat la question sensible de la sécurisation foncière et de la protection des droits des communautés locales dans la capitale congolaise.
Par Didier Mbongomingi

