La qualité de la gouvernance et la solidité des institutions demeurent au cœur des défis de la République démocratique du Congo. Intervenant ce mercredi à Kinshasa lors d’un séminaire de renforcement des capacités organisé par l’Inspection générale des finances (IGF), le député national Lambert Mende Omalanga a livré une réflexion approfondie sur l’évolution des rapports institutionnels depuis l’indépendance, plaidant pour un renforcement effectif des mécanismes de contrôle du pouvoir.
S’appuyant sur la célèbre maxime de Montesquieu, « Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir », l’ancien ministre de la Communication et Médias a estimé que les frustrations sociales, les tensions communautaires et les multiples revendications observées à travers le pays traduisent des dysfonctionnements persistants de l’appareil étatique. Selon lui, ces fragilités institutionnelles alimentent l’insécurité, favorisent l’émergence de groupes armés et compliquent davantage les efforts de stabilisation du pays, déjà confronté à la guerre d’agression dans sa partie orientale.
Revenant sur l’histoire politique congolaise, Lambert Mende a rappelé que la concentration excessive du pouvoir observée sous le régime du parti unique avait progressivement affaibli les mécanismes de contrôle démocratique. Il a salué les avancées introduites par la Constitution de 2006, notamment la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, tout en reconnaissant que leur mise en œuvre reste encore en deçà des attentes des citoyens.
Le député national a également attiré l’attention sur les difficultés auxquelles fait face la justice congolaise. Il a évoqué le manque de moyens, les atteintes à l’indépendance du pouvoir judiciaire et les obstacles qui limitent encore sa capacité à jouer pleinement son rôle de garant de l’État de droit. Il a par ailleurs relevé les limites du processus de décentralisation, parfois fragilisé par des logiques clientélistes et des replis identitaires qui compromettent l’efficacité de l’action publique au niveau provincial.
Abordant la question de la gestion des finances publiques, Lambert Mende a salué les résultats enregistrés par l’Inspection générale des finances depuis 2020. Selon lui, les mécanismes de contrôle mis en place ont permis de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques et de promouvoir une plus grande culture de redevabilité au sein des institutions de l’État.
En conclusion, l’élu national a appelé les responsables politiques et administratifs à privilégier l’intérêt général au-dessus des considérations partisanes. Pour lui, seule la consolidation d’institutions fortes, transparentes et responsables permettra à la RDC de relever ses défis sécuritaires, économiques et sociaux, tout en valorisant pleinement ses immenses potentialités au bénéfice de sa population.
Par Didier Mbongomingi

