Alors que le débat sur la réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique congolaise, le sénateur honoraire et professeur Michel Bongongo Ikoli Ndombo est sorti de sa réserve. Dans une lettre ouverte adressée aux sénateurs de la République et datée du 11 juin 2026, il les invite à faire preuve de sagesse et à s’inspirer de l’histoire récente du pays lors de l’examen du projet de loi référendaire adopté par l’Assemblée nationale.
L’ancien parlementaire rappelle notamment l’épisode de février 2015, lorsque le Parlement était appelé à se prononcer sur un projet de loi lié au recensement de la population. À l’époque, ce texte était perçu par une partie de l’opinion comme une tentative de reporter les élections prévues en 2016. Selon Michel Bongongo, c’est grâce à l’intervention du Sénat, sous la conduite de son président d’alors, Léon Kengo wa Dondo, que le pays avait évité une grave crise politique.
Dans sa correspondance, il estime que les sénateurs de l’époque, toutes tendances confondues, avaient privilégié l’intérêt supérieur de la Nation en refusant de céder aux pressions politiques. Cette attitude, affirme-t-il, avait permis de préserver la stabilité du pays et de protéger les institutions républicaines dans un contexte particulièrement tendu.
Pour le sénateur honoraire, le Sénat a historiquement joué le rôle de « Chambre des sages » et de dernier rempart institutionnel face aux dérives susceptibles de fragiliser la cohésion nationale. Il considère que cette mission demeure plus que jamais d’actualité au moment où la question d’un éventuel changement constitutionnel suscite de vifs débats au sein de l’opinion publique et de la classe politique.
S’adressant directement aux membres de la Chambre haute, Michel Bongongo les exhorte à rester à l’écoute du « peuple profond » et à perpétuer cette tradition de sagesse qui caractérise, selon lui, l’institution sénatoriale. Il les invite à examiner le projet de loi référendaire avec responsabilité, indépendance d’esprit et sens élevé de l’intérêt général.
L’auteur de la lettre estime enfin qu’en agissant de la sorte, le Sénat pourrait contribuer à accompagner le président Félix Tshisekedi dans la recherche de solutions favorables à la stabilité politique et au développement du pays. Un appel qui intervient alors que le débat autour de la réforme constitutionnelle s’impose progressivement comme l’un des principaux sujets de la vie politique congolaise.
Par la rédaction

