Kinshasa, 12 juin 2026 – L’Inspection Générale des Finances (IGF) veut désormais passer d’une logique de contrôle répressif à une approche davantage préventive et stratégique. C’est le message qu’a délivré le Chef de service de l’IGF lors de la cinquième journée du séminaire consacré au Plan stratégique triennal 2026-2028, organisé à l’intention des médias et des organisations de la société civile.
Interpellé sur une question qui revient régulièrement dans l’opinion publique – « L’IGF continuera-t-elle à faire peur aux gestionnaires publics ? » – le responsable de l’institution a expliqué que la mission de l’IGF ne consiste pas à inspirer la crainte, mais à garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques. Il a indiqué que les contrôles sur le terrain ne disparaîtront pas, mais qu’ils seront désormais mieux ciblés grâce à l’exploitation des données financières et à des mécanismes de surveillance plus performants.
Cette orientation marque une évolution importante dans la lutte contre les détournements et les malversations financières. Selon l’IGF, le contrôle moderne doit permettre d’identifier les risques en amont afin d’empêcher les irrégularités avant qu’elles ne causent un préjudice à l’État. L’institution entend ainsi renforcer son rôle de vigie financière à travers une combinaison de technologies, d’analyses et d’actions de terrain.

Au cours de son exposé, le Chef de service a mis en avant trois piliers essentiels pour freiner la criminalité financière. Le premier repose sur la conscience individuelle des gestionnaires publics, appelés à exercer leurs responsabilités dans le respect des principes d’éthique, de transparence et de bonne gouvernance. Le deuxième concerne le renforcement des mécanismes de contrôle capables de détecter rapidement les anomalies et les risques de détournement.
Le troisième pilier demeure la sanction. Pour l’IGF, aucune politique de bonne gouvernance ne peut produire des résultats durables sans un système de sanctions crédible et efficace. « Plus la sanction est certaine et sévère, plus elle décourage les potentiels auteurs de crimes financiers », a souligné le Chef de service, estimant que l’impunité reste l’un des principaux moteurs de la corruption.
Cette nouvelle vision s’inscrit dans le cadre du Plan stratégique triennal 2026-2028 qui prévoit notamment le développement du contrôle systémique, l’utilisation accrue des technologies de l’information et le renforcement des synergies avec les institutions publiques, les médias et la société civile. L’ambition affichée est de construire une administration davantage tournée vers la redevabilité et la performance.
À travers cette démarche, l’IGF veut faire comprendre que la lutte contre la corruption ne repose plus uniquement sur des interventions ponctuelles, mais sur un système permanent de prévention, de surveillance et de sanction. Une approche que l’institution considère comme indispensable pour protéger les finances publiques et renforcer la confiance des citoyens dans la gestion de l’État.
Par Didier Mbongomingi

