Bukavu – Une fusillade survenue dans la nuit de vendredi à samedi à bord du bateau La Manne du Ciel, qui assurait la liaison entre Goma et Bukavu sur le lac Kivu, a provoqué un mouvement de panique parmi les passagers. Selon plusieurs témoignages recueillis à l’arrivée de l’embarcation au port de Bukavu, au moins cinq personnes ont perdu la vie, dont trois combattants de l’AFC/M23 et deux civils. Aucun bilan officiel n’avait été communiqué au moment de la publication de cette information.
Des passagers racontent avoir été réveillés par des coups de feu en pleine traversée. « J’ai échappé de justesse. Le bateau est devenu un véritable champ de bataille. Il y avait des crépitements de balles, des intimidations et une panique générale. Les passagers ont commencé à prier, chacun selon sa croyance », a témoigné l’un d’eux à son arrivée au port de Bukavu.

D’après plusieurs récits concordants, la fusillade aurait éclaté après qu’un homme armé, présenté par les témoins comme un combattant de l’AFC/M23, aurait été surpris en train de dérober des téléphones portables appartenant à des voyageurs. Une altercation aurait alors opposé l’intéressé à ses compagnons, avant qu’il n’ouvre le feu. Les mêmes sources affirment qu’il aurait mortellement atteint trois de ses collègues ainsi que deux civils, avant de se jeter dans les eaux du lac Kivu, à hauteur de Birava. Ces circonstances n’ont toutefois pas été confirmées de manière indépendante.
Cet incident relance les inquiétudes concernant la sécurité des traversées sur le lac Kivu. Plusieurs voyageurs dénoncent la présence d’hommes armés à bord d’embarcations transportant également des civils et des commerçants. « Des militaires sans salaire voyagent avec des civils qui transportent parfois d’importantes sommes d’argent. Ce type de situation crée un climat d’insécurité permanent », a déclaré un autre passager, qui affirme que des cas similaires se sont déjà produits.

Selon les mêmes témoignages, des éléments de l’AFC/M23 seraient intervenus à l’arrivée du bateau à Bukavu pour récupérer les corps des combattants tués et les transférer vers la morgue de l’hôpital général. Là encore, cette information n’a pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle.
Les circonstances exactes de cette fusillade demeurent à éclaircir. Les autorités compétentes ne s’étaient pas encore exprimées sur l’incident au moment de la publication de cet article.
Par la rédaction

