Nord-Kivu – Quinze personnes présentées comme d’anciens prisonniers ont été remises à l’AFC/M23 par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) entre les 6 et 7 août, dans le cadre des mesures de confiance prévues par le processus de Doha, destiné à accompagner les efforts de paix dans l’est de la République démocratique du Congo.
L’information a été rapportée par le journaliste Stany Budjakera, citant un responsable de l’AFC/M23. Selon cette source, les personnes concernées avaient été libérées au préalable par les autorités congolaises avant d’être transférées sous la facilitation du CICR, conformément à son mandat humanitaire de facilitateur neutre entre les parties au conflit.
Toujours selon cette source, neuf des quinze personnes figuraient sur une liste transmise par l’AFC/M23 dans le cadre des discussions de Doha. Les six autres auraient été acceptées par le mouvement en tant que « Congolais », sans qu’aucune précision supplémentaire ne soit apportée sur leur statut.
Parmi les personnes remises figure Célestin Ngoma, présenté comme un cadre du Parti lumumbiste unifié (PALU). À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas confirmé officiellement son identité ni communiqué sur les circonstances de sa libération.
Les personnes concernées auraient transité par la ville de Beni avant leur remise à l’AFC/M23. En raison de leur passage dans cette zone placée sous surveillance sanitaire, elles ont été soumises à des mesures d’isolement préventif liées au risque de propagation de la maladie à virus Ebola, les autorités sanitaires maintenant une vigilance renforcée dans cette partie du Nord-Kivu.
Cette opération intervient dans un contexte où le processus de Doha prévoit plusieurs mesures destinées à instaurer un climat de confiance entre le Gouvernement congolais et l’AFC/M23. Les échanges de détenus et autres gestes humanitaires figurent parmi les mécanismes envisagés pour soutenir les discussions politiques en cours.
En l’absence de communication officielle de Kinshasa, plusieurs interrogations demeurent quant au statut judiciaire des personnes remises, aux conditions de leur libération ainsi qu’aux engagements pris par les différentes parties dans le cadre de ce processus. Cette opération témoigne néanmoins de la poursuite des initiatives prévues par le mécanisme de Doha, alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour tenter de favoriser une désescalade dans l’est de la République démocratique du Congo.
Par Kanoba Obadias

