Kinshasa – L’expérience congolaise en matière de lutte contre la corruption fait désormais l’objet d’une analyse académique à l’échelle internationale. Dans un ouvrage publié à Londres, trois chercheurs de l’Université de Pretoria consacrent un chapitre à la République démocratique du Congo et mettent en avant le rôle joué par l’ancien Inspecteur général des finances, Jules Alingete, durant la période 2020-2025.
Intitulé « La Corruption publique en Afrique subsaharienne : Héritages, mesures et perceptions », l’ouvrage est signé par les professeurs Changwe Nshimbi, Sombo Muzata et Léon Mwamba Tshimpaka. Les auteurs y analysent les politiques de lutte contre la corruption dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, en accordant une attention particulière aux réformes engagées en RDC.

Le chapitre consacré au pays revient notamment sur la mise en œuvre de la « Patrouille financière » de l’Inspection générale des finances (IGF), un dispositif présenté comme ayant contribué au renforcement du contrôle des finances publiques, à l’amélioration de la bancarisation des recettes et à la prévention des détournements de fonds publics. Les auteurs évoquent, pour cette période, des « avancées extraordinaires » dans les mécanismes de gouvernance financière.
Dans cette analyse, Jules Alingete est présenté comme une « pièce maîtresse de la lutte contre la corruption en Afrique », en référence à son rôle à la tête de l’IGF dans l’identification de pratiques présumées de mauvaise gestion des ressources publiques et dans le renforcement des contrôles financiers. Cette appréciation reflète l’analyse des auteurs de l’ouvrage et ne constitue pas une qualification officielle.

Les universitaires soulignent également le rôle de la volonté politique durant cette période, estimant que le renforcement des institutions de contrôle s’est inscrit parmi les priorités affichées sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Selon leur étude, la combinaison entre appui politique, mécanismes institutionnels et surveillance des flux financiers constitue un élément notable de l’expérience congolaise en matière de gouvernance publique.
Cette publication témoigne de l’intérêt croissant des milieux universitaires pour les réformes entreprises en RDC dans le domaine des finances publiques. Elle inscrit le cas congolais dans une réflexion plus large sur les politiques de transparence, de redevabilité et de lutte contre la corruption en Afrique subsaharienne, tout en alimentant le débat sur l’efficacité et la pérennité des réformes engagées.
Par Didier Mbongomingi

