Kinshasa — Politique | L’Alliance des Forces pour le Bien-Être des Congolais (AFBC) se positionne en faveur d’un dialogue inclusif en République démocratique du Congo. Dans une déclaration politique rendue publique par sa cheffe de file, Néné Ilunga Nkulu, cette formation de l’opposition affirme sa disponibilité à prendre part à un cadre de concertation nationale réunissant les différentes forces politiques et sociales du pays.
Pour l’AFBC, un tel dialogue ne devrait toutefois pas se limiter à une rencontre entre responsables politiques ni à un simple partage de responsabilités. Il devrait constituer un espace de confrontation démocratique des idées et de recherche de solutions aux principales préoccupations nationales. Dans un contexte politique, sécuritaire, institutionnel et socio-économique particulièrement exigeant, le parti estime que les différentes composantes de la Nation doivent pouvoir rechercher des compromis autour de l’intérêt général.
Néné Ilunga Nkulu défend, dans cette perspective, une conception de l’opposition qui dépasse la seule contestation du pouvoir. Si celle-ci doit exercer son rôle de contrôle et porter un regard critique sur l’action gouvernementale, elle doit également, selon l’AFBC, être capable de proposer des alternatives concrètes. Le parti entend ainsi inscrire sa participation éventuelle au dialogue dans une démarche de propositions plutôt que dans une logique exclusivement revendicative.
Cette volonté devrait notamment se traduire sur le terrain des réformes constitutionnelles et institutionnelles, un sujet particulièrement sensible dans le débat politique congolais. L’AFBC annonce son intention d’élaborer une contribution écrite, structurée et argumentée afin de présenter sa vision des réformes qu’elle estime nécessaires au renforcement des institutions et à l’amélioration de la gouvernance. Cette position ne préjuge cependant ni du contenu définitif d’un éventuel dialogue ni des réformes qui pourraient en découler.
À travers cette prise de position, l’AFBC place également au premier plan la paix, l’unité nationale, la stabilité institutionnelle, la démocratie, le développement et le bien-être de la population. Pour Néné Ilunga Nkulu, le dialogue ne trouverait donc sa véritable justification que s’il permet de rapprocher les positions et de produire des réponses aux difficultés auxquelles le pays est confronté, plutôt que d’ajouter une nouvelle rencontre politique aux nombreux processus déjà connus par la RDC.
L’adhésion de l’AFBC apporte ainsi une nouvelle voix au débat sur l’opportunité et les contours d’un dialogue national. Mais l’enjeu essentiel reste celui de son inclusivité réelle, de son agenda et des garanties entourant son organisation. Entre les forces qui y voient une voie de décrispation et celles qui pourraient poser des préalables à leur participation, la construction d’un consensus autour du dialogue constituera probablement le premier dialogue avant le dialogue lui-même.
Par Didier Mbongomingi

