KINSHASA — Pour la première fois, la République démocratique du Congo a célébré ses « Femmes Pionnières », à travers une initiative portée par Corinne Kesa Mahio, présidente nationale de l’ASBL « Les Grandes Dames ». Organisée le 29 août 2026 au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, en collaboration avec le ministère du Genre, Famille et Enfant, la cérémonie a distingué 46 Congolaises dont les parcours ont marqué différents secteurs de la vie nationale.
Placée sous le thème « Honorer les pionnières d’hier, célébrer les talents d’aujourd’hui et inspirer les leaders de demain », cette première édition ne voulait pas se limiter à une remise de distinctions. Pour les organisateurs, il s’agit surtout d’un travail de mémoire : identifier et mettre en lumière celles qui, à différentes périodes de l’histoire congolaise, ont ouvert des voies, franchi des barrières et contribué, chacune dans son domaine, à l’évolution de la société.

Les 46 femmes mises à l’honneur ont ainsi été présentées comme des modèles de courage, de leadership et d’engagement pour les générations actuelles et futures. Représentant le ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, son délégué a salué leurs parcours et estimé que leurs noms méritaient de rester inscrits dans la mémoire collective. Derrière les trophées et les hommages se dessine donc une ambition plus large : rendre davantage visible la contribution des femmes à la construction de la République démocratique du Congo.

Pour Corinne Kesa Mahio et l’ASBL « Les Grandes Dames », cette reconnaissance possède également une forte dimension de transmission intergénérationnelle. Raconter les parcours de celles qui ont été les premières à s’imposer ou à exercer des responsabilités dans certains secteurs peut contribuer à donner aux jeunes filles des références auxquelles s’identifier. L’héritage des pionnières devient alors un instrument d’émancipation : montrer ce qui a déjà été accompli pour convaincre les nouvelles générations de ce qu’elles peuvent, à leur tour, accomplir.
Au-delà de la célébration, l’événement invite ainsi à revisiter une partie de l’histoire contemporaine congolaise à travers le parcours de ses femmes. Une histoire parfois moins documentée ou moins mise en avant que celle des grandes figures masculines de la vie politique, économique et sociale. En réunissant 46 trajectoires féminines, l’initiative cherche à préserver cette mémoire et à faire des acquis d’hier un tremplin pour les talents d’aujourd’hui et les leaders de demain.

Cette première édition pose désormais le défi de la continuité : faire de la célébration des Femmes Pionnières non seulement un rendez-vous de reconnaissance, mais aussi un véritable espace de mémoire, de transmission et d’inspiration. En choisissant d’inscrire ces 46 parcours dans le récit national, « Les Grandes Dames » rappellent une évidence parfois insuffisamment racontée : l’histoire de la République démocratique du Congo s’est construite avec les femmes et continue, elle aussi, de s’écrire au féminin.
Par la Rédaction

