MAMBASA — Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont engagé des opérations contre des groupes armés se présentant comme des Wazalendo dans plusieurs secteurs du territoire de Mambasa, en Ituri. L’annonce figure dans un communiqué daté du 3 septembre 2026 et signé par l’administrateur du territoire, le commissaire supérieur principal Jean-Baptiste Matadi Muyapandi. Les opérations concernent notamment les environs de Bango, Mayuwano et Some PK 26, où des hommes armés sont accusés d’avoir installé des barrières sur des axes menant vers des sites miniers et d’exercer des pressions sur les populations.
L’administration territoriale inscrit cette intervention dans les missions régaliennes des FARDC et dans la volonté de rétablir l’autorité de l’État dans les zones où prolifèrent les hommes en armes. Jean-Baptiste Matadi Muyapandi rappelle qu’en application des instructions du gouverneur militaire et commandant des opérations en Ituri, la présence de groupes armés demeure interdite, jusqu’à nouvel ordre, sur l’ensemble du territoire de Mambasa. Cette décision vise particulièrement à empêcher que des structures armées parallèles ne s’installent durablement dans les zones économiques et minières.
La question des groupes se réclamant des Wazalendo est devenue particulièrement sensible. Si cette appellation est généralement associée à des groupes engagés aux côtés des forces gouvernementales contre l’AFC/M23 au Nord-Kivu, les autorités de Mambasa établissent une distinction entre ce contexte et celui de l’Ituri. L’administrateur demande ainsi aux combattants se présentant sous cette bannière de quitter le territoire de l’Ituri et de rejoindre le Nord-Kivu, laissant aux forces régulières la responsabilité des opérations de sécurisation à Mambasa. L’administration évoque dans ce cadre l’action des FARDC ainsi que l’appui de l’UPDF et de la MONUSCO.

Un traitement particulier est cependant réservé aux éléments présumés de la FPIC, notamment ceux signalés dans le secteur du site minier de Yolo. L’autorité territoriale leur rappelle les engagements découlant des accords d’Aru 2, qui prévoient leur maintien dans des campements reconnus en territoire d’Irumu. Ils restent parallèlement soumis à l’interdiction de circuler armés dans les grandes agglomérations, les services de sécurité prévenant que les contrevenants s’exposent à des poursuites.
Cette opération intervient dans un environnement sécuritaire déjà extrêmement fragile. Mambasa demeure confronté à la menace des ADF, auxquels plusieurs attaques meurtrières contre des civils ont été attribuées, notamment dans la chefferie de Babila-Babombi. La multiplication d’autres groupes armés, particulièrement autour des carrés miniers, risque dès lors de compliquer davantage le travail des forces régulières et d’accroître l’insécurité des populations. Des acteurs de la société civile avaient d’ailleurs déjà alerté, en juillet, sur la présence d’hommes se présentant comme Wazalendo dans plusieurs zones minières du groupement Bakaeku.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse donc la seule opération militaire en cours : il s’agit d’éviter que Mambasa ne devienne un espace de coexistence incontrôlée de plusieurs forces armées, régulières ou non, sur fond d’intérêts économiques liés notamment à l’exploitation minière. L’administrateur appelle la population à collaborer avec les services de sécurité et les familles à décourager les jeunes de rejoindre les groupes armés. La réussite de cette stratégie se mesurera cependant à sa capacité à protéger durablement les civils, sécuriser les activités économiques et restaurer l’autorité de l’État sans créer de nouvelles tensions avec les communautés locales.
Par Kanoba Obadias

