MBANDAKA — La session de formation du Noyau provincial de l’Équateur a été officiellement ouverte ce vendredi 11 septembre 2026 à Mbandaka, dans le cadre du renforcement de la formation continue des acteurs de l’éducation. L’atelier réunit notamment des accompagnateurs pédagogiques, directeurs et chefs d’établissements publics et conventionnés, inspecteurs, coordonnateurs des Réseaux d’écoles de proximité (REP), ainsi que des enseignants de mathématiques et de lecture-écriture des Humanités pédagogiques rénovées (HPR). L’objectif est de constituer un noyau capable non seulement de maîtriser les nouvelles approches, mais surtout d’en assurer la diffusion auprès des enseignants dans la province.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par trois interventions, dont celle de l’UNESCO, prononcée par André Kalonji, coordonnateur du projet EFFICACE chargé de la formation continue. Le Projet EFFICACE est financé par le Partenariat mondial pour l’éducation à travers l’Agence française de développement et mis en œuvre par le gouvernement congolais avec l’appui technique de l’UNESCO. Dans son message, l’organisation a replacé la formation dans la réforme visant « des enseignants et des enseignements de qualité », en rappelant que l’amélioration des apprentissages passe nécessairement par le renforcement des compétences des enseignants et des responsables pédagogiques.

L’enjeu est directement lié aux difficultés d’apprentissage observées dans le système éducatif congolais. Le discours de l’UNESCO relève qu’un nombre important d’élèves terminent encore le primaire sans maîtriser suffisamment les compétences fondamentales en lecture, écriture et mathématiques. La formation continue apparaît dès lors comme l’un des leviers pour agir sur la qualité des pratiques en classe. Le programme de Mbandaka couvre ainsi plusieurs dimensions : référentiel professionnel des compétences des enseignants, leadership pédagogique, lecture-écriture, mathématiques, pratiques inclusives, numérique éducatif, forums d’échanges et outils d’observation des classes.
Prenant la parole au nom de l’Inspecteur générale adjointe en charge du primaire, l’inspecteur Alexandre Bomana a particulièrement insisté sur la responsabilité qui attend les participants après la formation. Tout en saluant la qualité des modules proposés, il les a invités à l’assiduité et surtout à répercuter les acquis auprès des enseignants placés sous leur leadership pédagogique. Cette logique de démultiplication constitue le cœur du dispositif : le noyau provincial est appelé à devenir un relais permanent de la réforme, capable d’accompagner les enseignants au plus près de leurs écoles plutôt que de limiter la formation à un atelier ponctuel.

Cette orientation rejoint directement la stratégie portée par l’UNESCO. À l’issue de la session, le noyau provincial devra notamment organiser la restitution des acquis, planifier leur déploiement, renforcer les capacités des directeurs d’école, assurer la formation en cascade dans les REP et développer l’accompagnement de proximité à travers les visites de classes, l’observation pédagogique et le coaching. L’objectif affiché est que les compétences acquises pendant l’atelier produisent des changements visibles dans les salles de classe et dans les apprentissages des élèves.
Le dernier mot est revenu au PROVED de l’Équateur, autorité éducative provinciale et « chef de terre », qui a officiellement déclaré ouverts les travaux. Pour la province bénéficiaire, l’enjeu sera désormais de transformer cette formation en dispositif durable d’accompagnement pédagogique. L’agenda stabilisé prévoit notamment des séquences consacrées aux pratiques pédagogiques inclusives, aux mathématiques, à la lecture-écriture, au leadership, à l’observation des classes, au numérique et aux forums d’échanges pédagogiques.

Au-delà de la formation des participants présents à Mbandaka, c’est donc l’effet multiplicateur du noyau provincial qui déterminera la réussite de l’initiative. Inspecteurs, chefs d’établissement, accompagnateurs pédagogiques et coordonnateurs des REP devront devenir les courroies de transmission entre la réforme nationale et la réalité quotidienne des classes. C’est à cette condition que la formation continue pourra dépasser les salles d’atelier pour atteindre son véritable bénéficiaire : l’enseignant dans sa classe et, à travers lui, l’élève congolais.
Par Thierry Bwongo

