KINSHASA — L’Inspection générale des finances (IGF) renforce la sensibilisation des acteurs de la chaîne d’importation sur la nécessité de déclarer avec exactitude les marchandises entrant en République démocratique du Congo. À travers notamment le contrôle des conteneurs, l’institution veut améliorer la traçabilité des opérations et prévenir les pratiques susceptibles d’entraîner des pertes de recettes pour le Trésor public.
L’attention porte particulièrement sur trois éléments déterminants : la nature, la quantité et la valeur déclarée des marchandises. Toute discordance entre les biens effectivement importés et les informations communiquées aux services compétents peut avoir une incidence sur les droits et taxes dus à l’État. Pour l’IGF, la sincérité des déclarations constitue ainsi un maillon essentiel de la sécurisation des recettes publiques.
Cette démarche s’inscrit dans la nouvelle approche du contrôle systémique promue par l’IGF. Plutôt que de limiter le contrôle à des interventions ponctuelles, cette méthode repose notamment sur le croisement des données disponibles et la comparaison des informations produites aux différentes étapes des opérations. L’objectif est de repérer plus rapidement les incohérences et de renforcer les mécanismes de prévention avant que les irrégularités ne produisent leurs effets sur les finances publiques.
Appliqué aux importations, ce dispositif peut permettre de confronter les informations relatives aux marchandises et aux opérations déclarées afin d’identifier d’éventuelles anomalies. L’enjeu est important dans un pays où la mobilisation des recettes demeure déterminante pour financer les infrastructures, l’éducation, la santé et les autres politiques publiques. Chaque sous-évaluation ou fausse déclaration susceptible de réduire les droits dus représente potentiellement un manque à gagner pour l’État.
L’IGF place cependant son initiative sur un terrain qui dépasse la seule répression. La sensibilisation vise également à développer une culture de transparence et de responsabilité auprès des opérateurs intervenant dans la chaîne d’importation. La sécurisation des recettes ne dépend donc pas uniquement des contrôleurs : elle repose également sur la qualité des déclarations produites et sur le respect des procédures par les différents acteurs concernés.
À travers son message — « Déclarer juste, c’est protéger les ressources de l’État » — l’IGF résume l’enjeu de cette campagne. Le défi sera désormais de transformer cette sensibilisation et le contrôle systémique en résultats mesurables : réduction des irrégularités, amélioration de la traçabilité et, surtout, augmentation des recettes effectivement captées par le Trésor. Car la réussite du dispositif se mesurera moins au nombre de conteneurs contrôlés qu’à sa capacité à fermer durablement les brèches par lesquelles échappent les ressources publiques.
Par Didier Mbongomingi

