C’est un véritable soulagement pour les enseignants des sous-divisions Budjala 3 et 5 du ministère de l’Éducation nationale, qui ont enfin perçu leurs salaires des mois de juillet et août 2025. Ces rémunérations avaient été perdues à la suite d’un braquage à main armée, une attaque qui avait coûté la vie à un policier et fait un blessé grave parmi les forces de sécurité.
Pendant plusieurs mois, ces enseignants, évoluant dans une zone reculée, avaient peu d’espoir de récupérer leur dû. De tels incidents, loin d’être isolés en province, se soldent généralement par une perte définitive des fonds, sans compensation pour les victimes. Dans ce cas précis, l’issue favorable apparaît comme une exception notable.
Ce dénouement est largement attribué au plaidoyer du député national Jean-Jacques Mbungani, élu de Budjala, qui s’est fortement impliqué dans le dossier. Durant plus de six mois, il a multiplié les démarches auprès des autorités gouvernementales, notamment auprès du ministre d’État en charge des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo, ainsi que de la Première ministre Judith Suminwa.

Selon plusieurs sources concordantes, c’est à la suite de ces interventions répétées que le gouvernement a décidé d’activer un mécanisme exceptionnel, notamment le fonds d’intervention d’urgence, afin de permettre le paiement intégral des montants détournés . Parallèlement, certaines structures impliquées dans la chaîne de paie, dont la Caritas, ont également été mises à contribution dans le processus.
Aujourd’hui, cette restitution marque la fin d’un long épisode d’incertitude pour les enseignants concernés et leurs familles. Pour beaucoup, cet argent, pourtant légitimement dû, est perçu comme un soulagement inespéré après des mois d’attente et de précarité.
Au-delà de ce cas, cet incident a relancé le débat sur la sécurisation du paiement des agents de l’État dans les zones enclavées. Il met en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de distribution des salaires en province et d’améliorer les dispositifs de protection des fonds publics.
Ce dénouement met également en lumière le rôle d’intermédiation des élus nationaux, appelés à porter les préoccupations de leurs bases auprès des institutions. Dans un contexte où les défis administratifs et logistiques restent nombreux, cette affaire illustre l’impact que peut avoir un plaidoyer soutenu sur la résolution de situations jugées, à première vue, irréversibles.
Par Thierry Bwongo

