Kinshasa franchit une nouvelle étape dans sa lutte pour l’assainissement et la fluidité de ses grandes artères. Ce mardi 21 avril, le gouverneur de la ville, Daniel Bumba, a annoncé la prolongation de l’opération de souscription au nouveau marché central jusqu’au 25 avril. Cette décision s’inscrit dans une vaste campagne de sensibilisation visant à mettre fin à l’occupation anarchique des abords du célèbre site de Zando par des vendeurs informels.
L’autorité urbaine a d’ores et déjà donné le ton en annonçant la démolition dès ce mercredi 22 Avril des étalages illégaux autour du Grand Marché. Baptisée « Balabala eza wenze te », l’opération vise à libérer les voies publiques, aujourd’hui fortement encombrées par des installations de fortune qui perturbent la circulation et accentuent les embouteillages dans l’un des carrefours économiques les plus névralgiques de la capitale.

Sur le terrain, le constat est sans appel : trottoirs et chaussées sont saturés par des étalages improvisés, transformant les espaces de circulation en véritables marchés à ciel ouvert. Lors des échanges directs avec les commerçants, certains ont exprimé leurs inquiétudes face au manque d’alternatives viables pour poursuivre leurs activités. En réponse, le gouverneur est resté ferme, rappelant que « les voies publiques doivent être libérées pour améliorer la circulation et restaurer l’ordre urbain ».

Cette posture traduit une volonté politique assumée : réorganiser durablement l’espace marchand autour du Grand Marché, tout en offrant une solution de relocalisation à travers le nouveau marché central. La prolongation de la souscription apparaît ainsi comme un signal d’ouverture, mais aussi comme un ultimatum implicite pour sortir progressivement de l’informel.
Au-delà de l’enjeu d’ordre public, cette opération met en lumière une équation délicate pour les autorités : concilier modernisation urbaine et survie économique de milliers de petits commerçants. Dans une ville où l’économie informelle constitue un pilier majeur de subsistance, toute réforme de l’espace public comporte un risque social non négligeable.

Kinshasa se retrouve ainsi à un moment charnière. Entre impératif de mobilité urbaine et préservation des activités génératrices de revenus, l’équilibre reste fragile. Mais pour l’exécutif provincial, la reconquête de l’espace public apparaît désormais comme une condition indispensable à la construction d’une capitale plus structurée, plus fluide et mieux régulée.
Par Thierry Bwongo

