La décision du ministre des Finances de la République démocratique du Congo, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, de suspendre le directeur général du Bureau Central de Coordination (BCECo), Jean Mabi Mulumba, continue de susciter de vives réactions dans les milieux politiques et administratifs. Annoncée le 7 mars, cette mesure conservatoire intervient dans un contexte marqué par de sérieux soupçons de mauvaise gestion au sein de cette agence chargée de coordonner plusieurs projets de développement à travers le pays.
Dans sa décision, le ministre évoque notamment une « gestion catastrophique et prédatrice », sans toutefois détailler l’ensemble des éléments à charge. Plusieurs informations relayées par des sources médiatiques font toutefois état d’irrégularités présumées dans la conduite de certains projets d’infrastructures, notamment dans la ville de Kananga. Le projet de réhabilitation de l’avenue Lulua, reliant l’aéroport de Lungandu à la paroisse Notre-Dame dans la commune de Katoka, est particulièrement cité. Selon ces sources, le tronçon aurait été facturé pour 28 kilomètres alors que sa longueur réelle avoisinerait 11 kilomètres, un écart qui alimente des soupçons de surfacturation.
Un autre dossier controversé concerne le projet de mobilité urbaine Metrokin à Kinshasa, estimé à environ 250 millions de dollars pour sa première phase. Le BCECo, en tant qu’agence d’exécution, aurait été impliqué dans la gestion financière du projet. Certaines sources évoquent plus de 20 millions de dollars engagés sans résultats visibles, ainsi qu’un décaissement d’environ 50 millions de dollars destiné à l’indemnisation des populations affectées par les expropriations le long du tracé ferroviaire. Près de deux ans après son lancement, les travaux restent pourtant largement à l’arrêt.
Contacté par la presse le 8 mars, Jean Mabi Mulumba s’est abstenu de tout commentaire, se limitant à déclarer qu’il n’avait « aucun commentaire à faire à ce stade ». Plusieurs sources évoquent désormais la possibilité d’investigations plus approfondies pouvant conduire, le cas échéant, à l’ouverture d’une procédure judiciaire afin d’établir les responsabilités.
Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités congolaises affirment vouloir renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques. Pour de nombreux observateurs, l’évolution de ce dossier constituera un test important pour la crédibilité des efforts engagés dans la lutte contre la corruption et pour la bonne gouvernance des projets destinés au développement du pays.
Par la rédaction

