Le 9ᵉ round des négociations de paix entre Kinshasa et l’AFC/M23, ouvert ce lundi en Suisse après plusieurs cycles organisés à Doha, met en lumière la composition singulière de la délégation rebelle. Celle-ci se distingue par la présence de plusieurs personnalités aux parcours internationaux, certaines disposant de nationalités étrangères ou résidant hors de la République démocratique du Congo, un élément qui alimente déjà de nombreuses lectures politiques autour de ce nouveau cycle diplomatique.
Parmi les figures les plus en vue apparaît Claude Ibalanky Ekolomba, ancien envoyé spécial du président Félix Tshisekedi, dont la présence au sein de l’équipe de l’AFC/M23 constitue l’une des principales surprises de ces assises. Il est notamment accompagné de Franck Mwe Di Malila Apenela, signalé parmi les membres influents de cette délégation, ainsi que d’autres profils connus pour leurs attaches en Europe et en Amérique du Nord.
La liste communiquée par le mouvement comprend également plusieurs personnalités au profil résolument transnational, à l’image de Justine Mbabazi Rukeba, présentée comme détentrice d’un passeport canadien, ou encore de Cédric Fiema Pundu Yange, annoncé titulaire d’un passeport suisse. Jean-Félix Mupande Kapwa figure lui aussi parmi les participants signalés comme vivant à l’étranger.
Autour du chef de délégation Benjamin Mbonimpa et du négociateur en chef René Abandi, la délégation aligne également Jean-Paul Shaka, Jean-Pierre Alumba Omokoko, Donat Muganza, Fred Kagorora et Chantal Murekatete Kayitaba, illustrant un assemblage mêlant profils politiques, experts et cadres disposant de réseaux internationaux.
Au-delà de la simple composition humaine, cette configuration renforce l’idée d’une stratégie diplomatique plus large de l’AFC/M23, qui semble vouloir capitaliser sur des relais extérieurs, des expertises internationales et des figures ayant une expérience des cercles politiques occidentaux. Pour plusieurs observateurs, cette dimension internationale pourrait peser sur la tonalité des discussions, à l’heure où Washington, Doha et désormais la Suisse jouent un rôle croissant dans la facilitation du processus.
Alors que les discussions se poursuivent à Genève jusqu’au 17 avril, les attentes restent fortes quant aux avancées concrètes de ce nouveau round, appelé à relancer un processus de paix fragilisé par la reprise des hostilités dans l’Est de la RDC. Plus que jamais, la composition des délégations elle-même apparaît comme un indicateur des rapports de force et des soutiens qui se dessinent en coulisses.
Kanoba Obadias

