À Beni, la Crème des Jeunes Intellectuels du Nord-Kivu a exprimé, dans un communiqué rendu public ce 15 avril 2026, sa vive préoccupation face à l’évolution récente de la situation politique à l’Assemblée nationale, marquée par le dépôt d’une motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo.
Tout en reconnaissant la légitimité du contrôle parlementaire comme l’un des fondements de la démocratie, cette structure de jeunes élites estime cependant que le timing et l’orientation de cette initiative soulèvent de sérieuses inquiétudes. Selon elle, plusieurs signaux laissent craindre une instrumentalisation politique de nature à exacerber les fractures internes, au moment même où le pays fait face à une agression persistante dans sa partie orientale.
Dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu en République démocratique du Congo, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, l’organisation juge inopportun d’ouvrir de nouveaux fronts politiques internes. Pour ces jeunes intellectuels, la priorité nationale devrait rester la consolidation de l’unité, la stabilité des institutions et la mobilisation collective autour des enjeux de défense et de sécurité.

Le communiqué évoque également des tensions politiques alimentées par des rivalités de positionnement et des considérations personnelles, notamment autour de la visibilité acquise par le VPM de l’Intérieur dans la gestion des dossiers sécuritaires et de gouvernance locale. Une telle dynamique, préviennent-ils, pourrait être perçue comme contraire à l’intérêt supérieur de la Nation, en donnant l’image d’un exécutif fragilisé au moment où l’Est du pays demeure sous pression.
Face à ce qu’elle considère comme un risque de déstabilisation institutionnelle, la Crème des Jeunes Intellectuels du Nord-Kivu appelle à l’arbitrage du président de la République, garant de l’unité nationale. Elle l’exhorte à privilégier la cohésion entre les institutions, à prévenir toute manipulation politique et à veiller à ce que la sécurité intérieure ne soit pas sacrifiée sur l’autel des calculs partisans.
Alors que les violences persistent dans l’Est et que les populations attendent avant tout des réponses sécuritaires concrètes, la structure invite l’ensemble de la classe politique congolaise à faire preuve de responsabilité, de retenue et de patriotisme, en privilégiant la solidarité gouvernementale et l’intérêt général sur les rivalités de circonstance.
Par Kanoba Obadias

