RDC — Enseignement supérieur. À l’approche de la prochaine rentrée académique, le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) prend des dispositions pour éviter que l’insécurité qui frappe certaines régions du pays n’interrompe durablement le parcours des étudiants. Dans une note circulaire adressée aux établissements, le ministre appelle les recteurs des universités et directeurs généraux des instituts supérieurs à faciliter l’accueil des étudiants provenant des zones affectées.
La mesure répond à une réalité devenue particulièrement préoccupante dans les régions confrontées aux conflits et aux déplacements de populations. Au-delà de l’urgence humanitaire, l’insécurité perturbe le fonctionnement des établissements, désorganise les enseignements et contraint certains étudiants à quitter leur milieu d’études. Pour l’ESU, un déplacement imposé par la situation sécuritaire ne devrait donc pas nécessairement entraîner l’abandon d’un cursus universitaire.
Les établissements situés dans les zones relativement épargnées sont ainsi appelés à devenir des espaces de continuité académique. Concrètement, l’enjeu sera de permettre aux étudiants déplacés de poursuivre leur formation en facilitant leur accueil et leur intégration dans les institutions susceptibles de les recevoir. Cette orientation introduit une forme de solidarité nationale au sein du système d’enseignement supérieur face aux conséquences des crises sécuritaires.

Mais l’application de la directive constituera le véritable défi. Les universités et instituts supérieurs devront gérer les dossiers académiques des étudiants concernés, leur orientation et leur intégration, alors que certains établissements font déjà face à des contraintes d’infrastructures, d’encadrement et de capacités d’accueil. La réussite de l’opération dépendra donc de la manière dont les dispositions administratives seront concrètement traduites sur le terrain.
Au-delà de cette rentrée, l’initiative pose une question plus structurelle : comment garantir le droit à la poursuite des études supérieures lorsqu’une partie du territoire est confrontée à une crise sécuritaire ? Dans un pays où des populations peuvent être contraintes de se déplacer, la mobilité académique pourrait devenir un véritable mécanisme de résilience, permettant à un étudiant de changer temporairement de milieu sans sacrifier plusieurs années de formation.
À travers cette directive, l’ESU fait donc le pari que la solidarité entre établissements peut préserver l’avenir académique des jeunes touchés par l’insécurité. Reste désormais à accompagner cette volonté par des mécanismes administratifs, pédagogiques et, au besoin, financiers suffisamment souples. Car derrière chaque étudiant déplacé se trouve un parcours à préserver : la guerre peut contraindre un jeune à quitter son territoire, elle ne devrait pas l’obliger à abandonner ses études.
Par la Rédaction

