Kinshasa – La session extraordinaire de l’Assemblée nationale traverse une zone de turbulences. Deux séances plénières consécutives n’ont pu se tenir faute de quorum, après le boycott de plusieurs députés nationaux qui dénoncent le retard dans le paiement des primes et autres avantages financiers liés à cette session exceptionnelle.
Selon plusieurs sources parlementaires, de nombreux élus ont volontairement refusé de siéger tant que leurs indemnités n’auront pas été effectivement versées. Cette fronde a entraîné la suspension des travaux et retardé l’examen de plusieurs dossiers inscrits à l’ordre du jour, alors même que cette session extraordinaire avait été convoquée pour traiter des questions jugées urgentes pour le pays.

Toujours selon ces mêmes sources, un compromis aurait finalement été trouvé entre le Bureau de l’Assemblée nationale et le Gouvernement. Les comptes des députés nationaux devraient être crédités dès ce vendredi, ouvrant ainsi la voie à une reprise des activités parlementaires. Aucune communication officielle n’avait toutefois confirmé cet arrangement au moment de la rédaction de cet article.
Si cette solution semble de nature à apaiser les tensions avec les élus, elle ne mettrait pas fin à la crise sociale qui se dessine au sein de l’administration parlementaire. Des sources concordantes indiquent que les agents administratifs, les membres des cabinets politiques ainsi que les assistants parlementaires ne figureraient pas parmi les bénéficiaires de ce décaissement, alimentant un profond sentiment de frustration.

Cette perspective suscite déjà des inquiétudes dans les couloirs du Palais du Peuple. Plusieurs membres du personnel estiment que cette différence de traitement est difficilement justifiable, d’autant que les assistants parlementaires jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement quotidien de la Chambre basse. Certains invoquent également les dispositions du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui encadrent leur statut et leurs conditions de travail, pour réclamer une prise en compte de leurs droits.
Au-delà de la question des rémunérations, cet épisode remet en lumière les difficultés récurrentes de financement des sessions extraordinaires du Parlement et relance le débat sur la gouvernance des institutions publiques. Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des contraintes budgétaires, la paralysie des travaux parlementaires nourrit les critiques d’une partie de l’opinion, qui attend des institutions qu’elles privilégient le traitement des dossiers d’intérêt national.

Si le paiement annoncé aux députés se concrétise, la reprise des plénières pourrait intervenir rapidement. En revanche, l’exclusion présumée des personnels administratifs, des cabinets politiques et des assistants parlementaires risque d’ouvrir un nouveau front social au sein de l’Assemblée nationale, avec des conséquences encore difficiles à mesurer sur le fonctionnement de l’institution.
Par la rédaction

