Kinshasa – Le député national Christian Mwando, membre de la coalition C64, estime que le futur dialogue national ne pourra déboucher sur une paix durable que s’il associe l’ensemble des acteurs impliqués dans la crise congolaise, y compris les mouvements armés. Une position qui relance le débat sur le périmètre du processus de concertation annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi.
Intervenant sur les contours du dialogue en préparation, l’élu a défendu l’idée d’une concertation véritablement inclusive. Selon lui, écarter certains protagonistes du conflit reviendrait à compromettre les chances d’aboutir à une solution politique durable.
« L’AFC/M23, Wake Up 243 et les autres forces politiques, et même les rebelles, doivent absolument être partie prenante à ce dialogue parce qu’en excluant une partie de ceux qui portent les armes, on aura difficile à résoudre le problème », a déclaré Christian Mwando.
Pour le député, la crise que traverse la République démocratique du Congo est à la fois politique, sécuritaire et institutionnelle. Il considère qu’une paix durable ne pourra être obtenue qu’à travers des discussions franches réunissant toutes les parties prenantes, y compris celles qui demeurent engagées dans le conflit armé. À ses yeux, un dialogue qui laisserait de côté certains acteurs risquerait de produire des accords incomplets, incapables de mettre fin aux violences de manière définitive.
Cette prise de position intervient alors que les consultations se poursuivent autour du dialogue national, à l’initiative des Églises catholique et protestante, avec l’adhésion de principe du chef de l’État. Si l’objectif affiché est de créer un cadre de concertation destiné à renforcer la cohésion nationale et à rechercher des solutions consensuelles aux défis du pays, les modalités de participation des différents acteurs restent au cœur des discussions.
La question de l’éventuelle participation de l’AFC/M23 demeure l’un des principaux points de divergence au sein de la classe politique congolaise. Certains responsables politiques et membres de la majorité estiment qu’associer un mouvement armé accusé de combattre les institutions de la République reviendrait à lui conférer une forme de légitimité politique. À l’inverse, d’autres acteurs, dont Christian Mwando, soutiennent qu’il est difficile d’espérer une résolution durable du conflit sans inclure ceux qui participent directement aux hostilités.
Le futur dialogue national s’annonce ainsi comme un exercice d’équilibre entre l’exigence d’inclusivité et la volonté de préserver les principes de souveraineté, de légalité et de respect des institutions. Les arbitrages qui seront opérés sur la composition des participants pourraient largement déterminer la portée et la crédibilité du processus politique attendu par une grande partie de l’opinion congolaise.
Par Didier Mbongomingi

