Bruxelles. Des bougies à la main, dans un silence empreint d’émotion, des centaines de Congolais de la diaspora, rejoints par plusieurs sympathisants d’autres nationalités, se sont rassemblés ce dimanche au Square Patrice-Émery Lumumba, à Matonge, pour commémorer le GENOCOST, la journée nationale dédiée à la mémoire des millions de victimes des conflits qui endeuillent l’est de la République démocratique du Congo depuis plus de trois décennies.
À l’initiative des collectifs des associations congolaises de Belgique, cette cérémonie de recueillement s’est voulue bien plus qu’un hommage aux disparus. Elle s’est imposée comme un acte de mémoire, mais aussi comme un appel à la conscience internationale face à une tragédie humaine qui continue de se dérouler dans l’indifférence d’une partie du monde.
Pour la diaspora congolaise, le GENOCOST est également une mobilisation patriotique. Il rappelle la responsabilité de chaque Congolais, où qu’il se trouve, de préserver la mémoire des victimes et de refuser que les violences qui frappent l’est du pays sombrent dans l’oubli. Beaucoup des personnes présentes portent d’ailleurs cette tragédie dans leur propre histoire familiale : certaines sont elles-mêmes d’anciens réfugiés, d’autres ont des proches tués, déplacés ou toujours empêchés de regagner leurs villages en raison de l’insécurité persistante.

En choisissant Bruxelles, capitale politique de l’Union européenne, les organisateurs ont également voulu sensibiliser l’opinion européenne aux réalités du conflit congolais. Ils ont rappelé que de nombreux minerais stratégiques utilisés dans les industries électroniques et la transition énergétique mondiale proviennent de régions marquées par les violences, alimentant le débat sur la responsabilité des chaînes d’approvisionnement internationales.
Pour les participants, le développement technologique et la transition énergétique ne peuvent reposer sur les souffrances des populations congolaises. Ils appellent à une gouvernance plus responsable des minerais stratégiques, à la lutte contre leur exploitation illicite et à un engagement plus ferme de la communauté internationale pour mettre fin aux violences qui continuent de frapper l’est de la RDC.
Au cœur de la capitale européenne, cette mobilisation a ainsi résonné comme une interpellation morale. Derrière les bougies allumées se lisait un message clair : la paix, la dignité et la justice pour les victimes congolaises ne doivent plus être reléguées au second plan. Pour les organisateurs, le GENOCOST n’est pas seulement un devoir de mémoire ; il est aussi un appel à faire en sorte que le progrès de l’humanité ne se construise jamais au prix du sang des femmes, des hommes et des enfants de la République démocratique du Congo.
Par Thierry Bwongo

