KINSHASA — Le gouvernement congolais poursuit la mobilisation autour du Deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), une opération considérée comme déterminante pour la planification du développement de la République démocratique du Congo. Dans cette perspective, le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo, a réuni jeudi 3 septembre à Kinshasa plusieurs ambassadeurs, chefs de missions diplomatiques et représentants d’organisations internationales afin de renforcer leur accompagnement au processus.
Devant ses interlocuteurs, Guylain Nyembo a insisté sur un enjeu fondamental : un État ne peut planifier efficacement sans connaître précisément sa population. Le RGPH-2 doit permettre à la RDC de disposer de données démographiques, sociales et territoriales actualisées, indispensables pour déterminer où vivent les populations, mesurer leurs besoins et mieux orienter les politiques publiques. Dans un pays aux dimensions continentales et marqué par de fortes disparités entre provinces et territoires, la qualité de cette photographie démographique conditionne directement la pertinence des décisions publiques.
L’enjeu dépasse ainsi la simple production de statistiques. Les données issues du recensement doivent notamment permettre de mieux répartir les ressources publiques et planifier les infrastructures et services essentiels en fonction des réalités démographiques. Éducation, santé, logement, emploi, infrastructures ou encore aménagement du territoire : autant de secteurs dans lesquels l’absence de données suffisamment actualisées complique la définition des priorités et l’évaluation des politiques mises en œuvre.

Le ministre d’État souhaite également associer étroitement les partenaires internationaux à cette opération d’envergure nationale. Leur accompagnement peut contribuer à réunir les conditions techniques, financières et institutionnelles nécessaires à la réalisation d’un recensement crédible, inclusif et répondant aux exigences statistiques. Les partenaires au développement ont eux-mêmes intérêt à disposer de données fiables afin de mieux cibler leurs interventions et d’en mesurer les résultats dans les différentes provinces du pays.
« Investir dans le recensement, c’est investir dans une meilleure planification, dans une meilleure allocation des ressources publiques et dans des politiques de développement plus justes et plus efficaces », a souligné Guylain Nyembo. Cette approche place le RGPH-2 au cœur de la gouvernance publique : connaître la population ne constitue pas une fin en soi, mais le préalable à une programmation plus rationnelle des investissements et à une meilleure adéquation entre les besoins des citoyens et les réponses de l’État.
La mobilisation diplomatique engagée autour du RGPH-2 doit désormais se traduire par un accompagnement concret et, surtout, par la capacité du gouvernement à conduire l’opération jusqu’à son terme. La véritable valeur du recensement se mesurera à la fiabilité des données produites, mais également à leur utilisation effective dans les décisions publiques. Pour la RDC, réussir le RGPH-2 reviendrait ainsi à se doter d’un outil stratégique longtemps attendu : une connaissance suffisamment précise de sa population pour mieux planifier son développement, territoire par territoire.
Par Didier Mbongomingi

