BRUXELLES — Le Front Uni pour la RDC veut faire du droit et des institutions judiciaires le principal terrain de son action au sein de la diaspora. Une délégation de cette organisation a rencontré, jeudi 17 septembre 2026 à Bruxelles, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, pour lui présenter les procédures et initiatives judiciaires entreprises en Belgique ainsi que sa récente démarche auprès de la Cour pénale internationale (CPI).
Tenue à l’Hôtel Amigo pendant environ une heure trente, la rencontre a réuni, pour le Front Uni pour la RDC, Albert Bweya, Dr Audrey Mundine Kisangala, Honoré Kabuta, Toussaint Ginday et Me Sonny Kabeya Mukanya. La délégation a exposé au ministre la philosophie de son action : privilégier les moyens légaux, institutionnels et non violents pour répondre à des faits, discours ou comportements qu’elle considère comme susceptibles de constituer un soutien à l’AFC/M23 au sein de la diaspora congolaise.
Les échanges ont notamment porté sur les procédures déjà engagées ou envisagées en Belgique et sur la démarche effectuée auprès de la CPI. Le Front Uni souhaite renforcer la documentation de ses dossiers et inscrire son action dans les mécanismes judiciaires disponibles, plutôt que dans la confrontation. À ce stade, les accusations ou signalements portés par l’organisation doivent toutefois être distingués d’éventuelles responsabilités individuelles, lesquelles relèvent des autorités judiciaires compétentes.
Selon le compte rendu établi à l’issue de la réunion, le ministre de la Justice a salué cette orientation fondée sur le recours au droit et aux institutions. Il aurait notamment souligné l’intérêt d’une mobilisation de la diaspora qui privilégie les procédures judiciaires dans la lutte contre l’impunité, considérant que ces initiatives peuvent compléter les actions conduites par les institutions congolaises. Le compte rendu fait également état de sa disponibilité à examiner les possibilités d’accompagnement dans le respect des compétences de son ministère et des procédures applicables.
L’un des principaux enjeux discutés concerne précisément l’accès à la documentation. Selon le Front Uni, le ministre s’est montré disposé, lorsque les conditions juridiques et institutionnelles le permettent, à faciliter l’accès à certains rapports, informations ou éléments susceptibles de documenter les procédures conduites en Belgique. Une telle coopération pourrait permettre aux initiateurs des démarches de mieux étayer leurs dossiers à partir d’informations détenues par les institutions compétentes de la RDC, sans préjuger de l’appréciation qui en serait faite par la justice belge ou internationale.
Cette rencontre intervient alors que la question de la responsabilité des différents acteurs impliqués dans le conflit dans l’Est de la RDC occupe une place importante dans l’action diplomatique et judiciaire congolaise. Pour le Front Uni, l’objectif affiché consiste désormais à prolonger ce combat sur le terrain judiciaire au sein de la diaspora, en documentant les faits qu’il estime répréhensibles et en les soumettant aux juridictions compétentes plutôt qu’en cherchant à établir lui-même les responsabilités.
Au terme des échanges, les deux parties ont convenu, selon le compte rendu, de maintenir le contact et d’examiner au cas par cas les possibilités de collaboration institutionnelle. Pour le Front Uni pour la RDC, la rencontre de Bruxelles marque ainsi une tentative de structurer juridiquement son action dans la diaspora et de créer des passerelles avec les institutions congolaises dans la documentation des dossiers qu’il entend porter devant la justice.
Par la Rédaction

