BRUXELLES — En marge de la présentation à Paris de son ouvrage consacré au contrôle a priori des finances publiques en République démocratique du Congo, l’ancien Inspecteur général des finances, Chef de service, Jules Alingete Key, a poursuivi ses échanges en Europe autour des enjeux de gouvernance financière. Il a notamment été reçu à Bruxelles par Bertin Mampaka Mankamba, président du Parlement bruxellois, avec qui il a abordé les mécanismes de contrôle des finances publiques et les évolutions de la lutte contre la corruption en RDC.
Au centre des discussions figure notamment l’évolution de la perception de la corruption dans le secteur public congolais, telle que mesurée par l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International. Les données disponibles montrent un score de 18/100 pour la RDC en 2020, 19/100 en 2021, puis 20/100 en 2022 et 2023. Le score est ensuite revenu à 19/100 en 2024 et demeure à 19/100 dans l’IPC 2025, publié en février 2026.
Ces chiffres doivent toutefois être lus avec précision. L’IPC ne mesure pas directement le nombre de faits de corruption enregistrés dans un pays : il évalue la perception de la corruption dans le secteur public, à partir de plusieurs sources indépendantes reposant notamment sur les appréciations d’experts et de représentants du monde des affaires. L’édition 2025 couvre 182 pays et territoires, sur une échelle allant de 0, correspondant au niveau de perception le plus élevé de corruption, à 100, correspondant à un secteur public perçu comme très intègre. La moyenne mondiale s’est établie à 42/100 en 2025.
Les échanges de Bruxelles ont ainsi permis de replacer les efforts engagés en RDC dans une perspective plus large de réforme de la gouvernance financière. Durant les années où Jules Alingete dirigeait l’IGF, l’institution a renforcé ses missions d’inspection, d’audit et de contrôle des ressources publiques. Son nouvel ouvrage, Le contrôle a priori des finances publiques en République démocratique du Congo : la raison d’être de la Patrouille financière, revient précisément sur cette approche préventive destinée à intervenir avant l’exécution de certaines opérations financières de l’État. La publication de l’ouvrage et son vernissage à Paris le 18 septembre ont réuni plusieurs responsables politiques, diplomatiques et financiers.
La rencontre avec Bertin Mampaka intervient par ailleurs alors que celui-ci vient d’être reconduit à la présidence du Parlement bruxellois pour la nouvelle session parlementaire. Les deux personnalités ont notamment échangé sur les enjeux de transparence, de contrôle des ressources publiques et sur la nécessité de renforcer les mécanismes institutionnels capables de prévenir les irrégularités financières. Cette réflexion rejoint les débats plus larges sur l’efficacité des dispositifs de contrôle et sur la manière dont les réformes peuvent progressivement se traduire dans les indicateurs internationaux.
Pour la RDC, l’évolution de l’IPC entre 2020 et 2025 montre surtout que les mécanismes de contrôle et les réformes de gouvernance doivent s’inscrire dans la durée. Le maintien du score à 19/100 dans l’édition 2025 ne permet pas, à lui seul, de mesurer l’ensemble des résultats des politiques publiques de lutte contre la corruption. Il constitue néanmoins un indicateur international qui place la transparence, l’efficacité du contrôle et la consolidation des institutions au cœur des défis persistants de la gouvernance financière congolaise. À Bruxelles, l’échange entre Jules Alingete et Bertin Mampaka aura ainsi permis de mettre en perspective l’expérience congolaise avec les standards internationaux de contrôle et de transparence.
Par Didier Mbongomingi

