KWANGO — Le crash aérien survenu vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, a provoqué un lourd bilan humain et frappé directement les institutions judiciaires militaires de la République démocratique du Congo. Parmi les victimes figurent le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC près cette juridiction. Les Forces armées ont officiellement confirmé leur décès ainsi que celui d’autres membres de la délégation et de l’équipage.
L’appareil, exploité par Tracep Congo Aviation, effectuait la liaison retour Kikwit–Kinshasa après une mission de service dans la province du Kwilu. Il s’est écrasé dans une parcelle du quartier Manzawu, à Kenge. Le bilan, initialement annoncé à 13 morts, a été porté à 17 victimes, soit 16 adultes et un bébé, selon le vice-gouverneur du Kwango, Rémy Saki. L’ACP confirme cette évolution du bilan après la découverte de nouveaux corps sur le site du crash.

Les circonstances précises de l’accident restent toutefois à établir. Selon les premières informations communiquées par les autorités provinciales, le pilote aurait recherché une possibilité d’atterrissage après un problème survenu en vol. Cette version ne permet pas, à ce stade, d’identifier la nature de la défaillance ni d’en déterminer la cause. Le BPEA a officiellement ouvert une enquête de sécurité, dépêché des enquêteurs sur place et demandé la préservation du site ainsi que la mise à disposition du manifeste et des informations relatives à l’équipage.
Un élément important reste également attendu : la boîte noire de l’appareil n’avait pas encore été retrouvée vendredi soir. Les enquêteurs devront notamment exploiter les données disponibles sur l’appareil, le manifeste, les conditions du vol et les éventuelles communications de l’équipage afin de reconstituer les dernières minutes du trajet. Les autorités ont par ailleurs renforcé la sécurisation du site afin d’éviter la disparition ou l’altération d’éléments utiles à l’enquête.

Au-delà de la tragédie humaine, la disparition simultanée du premier président de la Haute Cour militaire et de l’auditeur général des FARDC constitue un choc majeur pour la justice militaire congolaise. Ces deux fonctions occupent des positions centrales dans le fonctionnement de cette juridiction : l’une à la tête de la formation judiciaire suprême de l’ordre militaire, l’autre au niveau du ministère public militaire. Le ministère de la Justice a d’ailleurs rendu hommage samedi aux deux hauts magistrats militaires disparus.
Le crash de Kenge ouvre donc deux urgences distinctes pour les autorités congolaises : établir avec précision les circonstances et les causes de l’accident et assurer la continuité du fonctionnement de la justice militaire. Pour l’heure, aucune conclusion définitive ne permet d’attribuer le crash à une cause technique, humaine, météorologique ou autre. Seule l’enquête de sécurité, complétée le cas échéant par les investigations judiciaires, permettra d’apporter des réponses aux nombreuses interrogations soulevées par ce drame.
Par la Rédaction

