BRUXELLES — L’Inspection générale des finances (IGF) poursuit sa recherche de partenaires pour accompagner la transformation du contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo. À Bruxelles, l’Inspecteur général des finances-Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, a présenté aux responsables de l’Union européenne la nouvelle approche du contrôle systémique ainsi que le chantier de digitalisation inscrit dans le Plan stratégique 2026-2028 de l’institution.
Au siège des institutions européennes, la délégation congolaise a notamment échangé avec Luis Navarro, Chef de secteur Grands Lacs, et Maxime Hendrickx, Coordonnateur géographique RDC/Afrique orientale et centrale. Selon les informations communiquées par l’IGF, les responsables européens ont salué le travail engagé par l’institution et évoqué les appréciations reçues de leurs équipes basées à Kinshasa. La rencontre a surtout permis d’examiner les possibilités d’accompagnement de la réforme portée par l’IGF.
Au cœur de cette transformation : la donnée et l’analyse des risques. Le contrôle systémique entend dépasser la logique des interventions essentiellement ponctuelles pour permettre une lecture plus globale des mécanismes de gestion publique. Les informations provenant des différentes entités contrôlées devraient être collectées, croisées et analysées afin d’identifier plus rapidement les anomalies et les zones de vulnérabilité, d’établir une cartographie des risques et de mieux cibler les missions de contrôle. Cette orientation avait déjà été présentée par l’IGF lors de ses échanges avec l’AFD à Paris et ENABEL à Bruxelles.

La digitalisation constitue le socle technique de cette ambition. Le Plan stratégique 2026-2028 prévoit le passage d’un contrôle largement manuel à un dispositif davantage digitalisé et capable d’exploiter les flux de données financières. Pour l’IGF, l’enjeu dépasse donc la simple informatisation des procédures : il s’agit de développer progressivement une capacité d’analyse permettant de renforcer la traçabilité, la prévention des risques et l’efficacité du contrôle des ressources publiques.
Les discussions à Bruxelles ont ouvert des perspectives d’accompagnement, mais aucun financement européen ne peut encore être considéré comme acquis. Parmi les pistes évoquées figurent notamment l’assistance technique et les échanges d’expériences entre experts européens et congolais. Cette étape s’ajoute aux discussions déjà engagées avec l’Agence française de développement et ENABEL, dans une démarche visant à mobiliser expertise et partenariats autour de la modernisation de l’IGF.
La délégation a également rencontré l’ambassadeur de la RDC en Belgique et auprès de l’Union européenne, Christian Ndongala Nkuku, auquel elle a présenté les principaux axes de la réforme. À travers cette séquence européenne, Christophe Bitasimwa Bahii cherche ainsi à construire autour du contrôle systémique un réseau d’expertises capable d’accompagner sa mise en œuvre. Le véritable enjeu sera désormais de transformer ces ouvertures diplomatiques et techniques en dispositifs opérationnels capables de produire des résultats mesurables : meilleure détection des risques, traçabilité accrue des flux publics et réduction effective des irrégularités dans la gestion des finances de l’État.
Par Didier Mbongomingi

