Kinshasa — Jusqu’à 500 millions USD pourraient être mobilisés par la République démocratique du Congo en cas de catastrophe naturelle, de crise sanitaire ou de choc climatique. Le gouvernement a examiné, vendredi 9 octobre, deux mécanismes financiers distincts : l’adhésion au Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE) et la souscription au dispositif Catastrophe Deferred Drawdown Option (Cat DDO) de la Banque mondiale.
Présenté au Conseil des ministres par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, le projet d’adhésion au FAGACE vise notamment à améliorer l’accès des entreprises congolaises au crédit et à faciliter la mobilisation de financements de long terme pour des projets structurants. Ce fonds panafricain intervient principalement à travers des mécanismes de garantie destinés à réduire le risque supporté par les banques et autres bailleurs.
L’entrée de la RDC au FAGACE pourrait également lui ouvrir l’accès aux organes de gouvernance de l’institution et renforcer sa position dans les mécanismes africains de garantie financière. Le gouvernement envisage par ailleurs la possibilité d’accueillir une représentation régionale du Fonds sur le territoire congolais.
Le deuxième dossier est d’une autre nature. Avec le Cat DDO, la Banque mondiale met à la disposition des États éligibles une ligne de financement approuvée à l’avance et mobilisable lorsqu’une urgence répond aux critères convenus. Pour la RDC, le montant envisagé ne dépasserait pas 500 millions USD et pourrait être débloqué sous forme d’appui budgétaire lorsqu’une catastrophe est officiellement déclarée.
Ce plafond ne signifie donc pas que 500 millions USD seront immédiatement versés au Trésor congolais. L’accès à ces ressources dépendra de l’aboutissement du processus avec la Banque mondiale, mais aussi de réformes préalables portant notamment sur la préparation aux catastrophes, la résilience urbaine et la capacité de réponse de l’État.
Pour Kinshasa, l’intérêt est de disposer d’une source de liquidités déjà négociée avant qu’une crise ne survienne, plutôt que de chercher des financements une fois l’urgence installée. Entre le FAGACE, tourné vers la garantie et le financement de l’investissement, et le Cat DDO, conçu comme une réserve financière de crise, le gouvernement cherche ainsi à élargir les instruments disponibles sans confondre financement du développement et argent d’urgence.
Par Jason Mbo

