Kinshasa. L’enquête sur l’assassinat de l’homme d’affaires et dirigeant sportif Vally Amisi continue de susciter de nombreuses réactions. Dans une analyse rendue publique, Aimé Ntambue, président du Mouvement des Progressistes du Congo (MPC), relève plusieurs zones d’ombre qu’il estime devoir être éclaircies par la justice.
Parmi les interrogations soulevées figure d’abord celle des conditions de franchissement du fleuve Congo. Se fondant sur des témoignages relayés publiquement, il s’interroge sur les circonstances dans lesquelles un déplacement en canot rapide vers Brazzaville aurait été effectué alors que le Beach Ngobila était officiellement fermé, estimant qu’un tel passage aurait nécessité des autorisations particulières. À ce stade, ces affirmations n’ont pas été confirmées par les autorités compétentes.
L’homme politique questionne également la nature des relations entre le principal suspect et la victime. S’appuyant sur les déclarations du frère de Vally Amisi, il affirme que leur rencontre remonterait à septembre 2025, dans le cadre d’un contrat relatif à la pelouse du Stade des Martyrs, par l’entremise d’un tiers. Selon lui, cette version diffère des informations faisant état d’une relation d’amitié entre les deux hommes.
Aimé Ntambue évoque par ailleurs des interrogations sur le parcours du suspect avant son arrestation ainsi que sur la conduite des investigations. Il cite notamment des informations ayant circulé au sujet d’une éventuelle présence du suspect en Afrique du Sud avant son interpellation à Brazzaville et s’interroge sur les circonstances ayant conduit à cette arrestation. Il estime également que les déclarations de la famille de la victime, selon lesquelles certaines démarches auraient été entreprises à titre privé, mériteraient d’être clarifiées.
Dans son analyse, il s’interroge enfin sur la communication des autorités judiciaires avec la famille de la victime, appelant à davantage de transparence dans le suivi de cette procédure.
Par ailleurs, plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux affirment qu’une extradition du suspect vers Kinshasa aurait été reportée, voire suspendue sur intervention d’une haute autorité. D’autres évoquent un demi-tour d’un canot qui aurait déjà quitté Brazzaville. À ce stade, ces informations n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle de la part des autorités de la République démocratique du Congo ou de la République du Congo et doivent donc être considérées avec prudence.
Dans ce contexte, les différentes prises de position convergent sur un point : la nécessité de voir l’enquête se poursuivre dans le respect des procédures judiciaires afin d’établir les faits, d’identifier les responsabilités éventuelles et de garantir que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Jusqu’à une décision de justice définitive, les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence.
Par la Rédaction

