La découverte récente de plusieurs fosses communes dans l’est de la République démocratique du Congo ravive les blessures d’un conflit qui dure depuis des décennies. Selon un document d’analyse publié le 7 mars 2026 par le Collectif des Victimes de l’Agression Rwandaise (CVAR-ONGDH), plusieurs sites d’inhumation collective auraient été identifiés dans la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Au moins quatre fosses communes contenant des dizaines de corps auraient été localisées, certaines à proximité d’anciennes positions militaires et dans différents quartiers de la ville.
Derrière ces sépultures anonymes se cachent des histoires humaines tragiques et des familles plongées dans l’attente depuis des mois, voire des années. Pour de nombreux proches de disparus, ces découvertes pourraient enfin apporter des éléments de vérité, même si elles ravivent en même temps une profonde douleur liée à la brutalité des violences qui ont marqué la région.
Des témoignages recueillis auprès d’habitants et de survivants évoquent des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et des exécutions sommaires dans certaines zones affectées par les affrontements armés. Selon ces récits, certaines victimes auraient été accusées de collaboration avec des groupes d’autodéfense locaux ou avec les Forces armées de la République démocratique du Congo, tandis que d’autres auraient été enrôlées de force ou auraient péri sous la torture dans des lieux de détention clandestins.

Le phénomène des fosses communes n’est malheureusement pas inédit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, régions marquées par des cycles répétés de violences armées. Des cas similaires avaient déjà été signalés à Kishishe, dans le territoire de Rutshuru, où des enquêtes menées après les massacres de 2022 avaient confirmé l’inhumation de civils dans des fosses collectives.
Face à ces révélations, plusieurs organisations de défense des droits humains appellent à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes afin d’identifier les responsables et d’établir les circonstances exactes des crimes. Pour les familles des victimes, la vérité, la reconnaissance et la justice demeurent des étapes essentielles pour tourner la page de ces tragédies.
Dans une région où les populations aspirent à la paix et à la sécurité, ces découvertes rappellent l’urgence d’un processus crédible de justice et de mémoire. Au-delà des responsabilités individuelles, de nombreux acteurs estiment que seule une mobilisation nationale et régionale en faveur de la justice et de la réconciliation pourra prévenir la répétition de telles atrocités.
La rédaction

