À Kinshasa, l’affaire des violences commises sur une patiente en post-partum a franchi un cap institutionnel. Dans une motion d’information adressée à l’Assemblée nationale, l’honorable Jean-Jacques Mbungani a officiellement saisi la représentation nationale, dénonçant des faits d’une « gravité exceptionnelle » impliquant le médecin David Balanganayi, dont les actes ont été largement relayés sur les réseaux sociaux.
Dans son intervention à l’hémicycle, le député rappelle que le gouvernement a déjà ordonné l’arrestation du praticien, aujourd’hui en détention, soulignant une volonté affichée de lutter contre l’impunité. Sur le plan juridique, les faits sont susceptibles de constituer des violences aggravées, en raison de l’état de vulnérabilité de la victime, tandis que sur le plan déontologique, ils traduisent une rupture grave avec les principes fondamentaux de la médecine, notamment le respect de la dignité humaine et l’obligation de non-violence.

Au-delà du cas individuel, la motion met en lumière une problématique structurelle souvent marginalisée : la santé mentale du personnel soignant. Dans un contexte hospitalier marqué par des pressions extrêmes, notamment en maternité et en urgence, le texte insiste sur la nécessité d’intégrer pleinement cette dimension dans les politiques publiques, en rappelant que la santé mentale constitue un levier essentiel du développement durable.
L’initiative parlementaire s’inscrit également dans une logique de protection des patientes, en particulier des femmes, souvent exposées à des violences aux conséquences psychologiques durables. Elle appelle à renforcer les dispositifs de prévention, de signalement et de contrôle, afin de garantir des soins respectueux et humanisés dans l’ensemble des structures sanitaires du pays.

Parmi les recommandations formulées figurent l’élaboration d’une loi sur la santé mentale, la mise en place d’une politique nationale multisectorielle, le renforcement de la formation des personnels de santé ainsi que l’instauration d’une tolérance zéro contre les violences en milieu hospitalier. La motion préconise également des sanctions exemplaires, pouvant aller jusqu’à la radiation définitive des praticiens fautifs.
En conclusion, Jean-Jacques Mbungani appelle à faire de cette affaire un cas d’école, afin de restaurer la confiance entre citoyens et système de santé, tout en réaffirmant les valeurs de dignité et de respect portées au sommet de l’État par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Une interpellation forte, qui place la santé mentale et les droits des patients au cœur du débat public congolais.
Par Thierry Bwongo

