Face à l’urgence climatique mondiale, la République démocratique du Congo et le Brésil consolident leur dialogue stratégique autour d’un atout commun majeur : les deux plus vastes bassins forestiers tropicaux de la planète. C’est dans cette dynamique que le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a reçu, ce lundi 30 mars à la Cité de l’Union africaine, le ministre brésilien des Relations extérieures Mauro Vieira.
Au cœur des échanges, une convergence de vues sur la gouvernance climatique, la préservation des forêts et la valorisation du rôle des pays du Sud dans les négociations internationales. Cette rencontre renforce la doctrine de la RDC comme « pays-solutions », une vision déjà portée par Kinshasa dans plusieurs forums internationaux sur le climat.
Le chef de la diplomatie brésilienne a salué l’engagement personnel du président Tshisekedi sur ces enjeux, avant de lui transmettre une invitation officielle du président Luiz Inácio Lula da Silva pour une visite d’État au Brésil. Une telle séquence diplomatique pourrait donner un nouvel élan à la coopération Sud-Sud entre les deux puissances forestières, à l’approche des prochains rendez-vous climatiques mondiaux.
Au-delà du symbole, cette relation porte des implications concrètes pour les populations africaines : financements carbone, protection des communautés riveraines, souveraineté sur les ressources naturelles et création d’emplois verts. Pour la RDC, l’enjeu n’est plus seulement de protéger son bassin forestier, mais de transformer cet avantage écologique en levier de développement, de justice climatique et d’influence géopolitique.
Le défi reste toutefois celui de la traduction politique. Entre promesses diplomatiques et réalités du terrain, Kinshasa devra veiller à ce que cette coopération se matérialise en mécanismes transparents, bénéfiques aux communautés locales et respectueux des intérêts stratégiques africains.
Cette audience confirme en tout cas une tendance de fond : dans le nouvel ordre climatique mondial, l’alliance entre le bassin du Congo et l’Amazonie devient un axe diplomatique majeur, capable de redéfinir le rapport de force entre le Nord et le Sud sur les questions environnementales.
Par Thierry Bwongo

