Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la situation sécuritaire reste extrêmement volatile. Dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, des éléments des Forces de Défense du Rwanda (RDF) se sont retirés du village de Kateku le 26 mars, en direction de Miriki, avec pour probable destination Kayna, selon des sources locales.
Ce retrait a rapidement créé un vide sécuritaire. Des combattants d’autodéfense affiliés à l’AFC-M23 ont tenté de s’imposer dans la zone, avant d’être repoussés par les Wazalendo. Les affrontements qui ont suivi auraient conduit à la neutralisation de deux éléments rebelles, tandis que les autres se sont repliés en empruntant le même axe que les RDF.
Parallèlement, la crainte d’une escalade des combats a provoqué un déplacement massif des populations civiles. Dans les villages de Minjenje et Mpeti, près de 70 % des habitants ont fui vers Kalembe, cherchant à échapper à d’éventuels affrontements entre groupes armés et milices locales.
Ces mouvements de troupes et de populations illustrent la fragilité persistante de la région. Chaque redéploiement militaire entraîne des conséquences immédiates pour les civils, déjà éprouvés par des années d’insécurité. Si la présence des Wazalendo est perçue par certains comme un rempart, elle accentue également le risque de confrontations violentes avec les groupes rebelles.
Au-delà des dynamiques militaires, la crise humanitaire continue de s’aggraver. Les déplacements forcés, la perte des moyens de subsistance et l’accès limité aux services de base plongent des milliers de familles dans une précarité accrue.
Dans ce contexte, la stabilisation durable du Nord-Kivu apparaît plus que jamais comme une urgence, nécessitant à la fois une réponse sécuritaire coordonnée et un engagement renforcé en faveur de la protection des populations civiles.
Par la rédaction

