BUDJALA — L’alerte sanitaire déclenchée il y a quelques jours dans le territoire de Budjala prend une nouvelle dimension. Dans un communiqué publié ce 10 septembre 2026, l’honorable Dr Jean-Jacques Mbungani, député national élu de Budjala, médecin et ancien ministre de la Santé, annonce que les analyses complémentaires effectuées sur les prélèvements d’un jeune homme décédé dans la Zone de santé de Bulu se sont révélées positives au virus Ebola de type Bundibugyo (BDBV).
Le cas avait déjà placé les services sanitaires en état d’alerte. Le SPOTREP n°01 du 8 septembre de la Division provinciale de la Santé du Sud-Ubangi, joint au communiqué, documente un homme de 23 ans arrivé dans l’aire de santé de Gwaka Mission, après être parti de Kamanyola, au Sud-Kivu, et avoir effectué un long déplacement interprovincial. À cette date, le document officiel le classait encore comme « cas suspect de Maladie à Virus Ebola avec décès » et confirmait que les prélèvements avaient été réalisés puis acheminés au laboratoire.

L’itinéraire du patient constitue l’un des principaux sujets de préoccupation. Selon le rapport sanitaire, son déplacement sur environ trois semaines l’aurait conduit de Kamanyola vers le Rwanda, l’Ouganda, Aru, Bunia, Kisangani, Bumba, Lisala puis Akula, avant son arrivée à Gwaka. Le jeune homme présentait notamment une fièvre à 38 °C, des vomissements sanguins, des selles sanguinolentes, une forte asthénie, une dyspnée et des douleurs abdominales. Son état s’étant aggravé à Akula, il avait été référé vers le centre médical de Miluna à Gwaka, où il est finalement décédé.
C’est précisément la mobilité du patient et la multiplicité des contacts potentiels qui rendent la situation particulièrement sensible. Avant même la confirmation annoncée par Jean-Jacques Mbungani, la Division provinciale de la Santé avait classé le niveau global de risque comme « élevé », en raison notamment de l’importance des déplacements fluviaux et des expositions multiples. Elle signalait également des capacités locales limitées en prévention et contrôle des infections, un risque élevé d’exposition du personnel soignant et un besoin urgent d’appui logistique et technique.
La priorité devient désormais la recherche exhaustive des personnes susceptibles d’avoir été exposées. Le SPOTREP indique que les investigations portent sur la famille du patient, les passagers et membres d’équipage de la baleinière, le personnel soignant, les personnes ayant manipulé le corps ainsi que toute personne ayant eu un contact physique direct avec le malade ou ses fluides biologiques. Le document recommande un suivi quotidien des contacts pendant 21 jours, une recherche active des cas à Akula et Gwaka Mission et un renforcement de la surveillance aux principaux points d’entrée fluviaux du Sud-Ubangi.

Face à cette évolution, Jean-Jacques Mbungani appelle à « pas de panique, pas de rumeur, pas de stigmatisation, mais une vigilance maximale ». L’ancien ministre de la Santé demande aux populations de Gwaka-Miluna, Kuma-Mongala, Budjala et de l’ensemble du Sud-Ubangi d’éviter tout contact avec le sang ou les autres fluides biologiques d’une personne malade, de ne pas manipuler sans protection le corps d’une personne décédée dans des circonstances suspectes et de signaler immédiatement tout symptôme inquiétant. Il insiste également sur la responsabilité des chefs coutumiers, confessions religieuses, professionnels de santé, médias, associations de jeunes et de femmes dans la diffusion d’informations fiables.
L’urgence est maintenant de passer de l’alerte à une riposte pleinement opérationnelle. Le rapport provincial recommandait déjà le déploiement d’une équipe multidisciplinaire, le prépositionnement d’équipements de protection individuelle et de kits de prélèvement, le renforcement du contrôle à Akula et la mobilisation éventuelle des partenaires techniques et financiers. La confirmation biologique annoncée ce 10 septembre par le député Mbungani nécessite désormais une communication officielle rapide des autorités sanitaires nationales, l’étendue des contacts identifiés et les mesures de riposte engagées. Pour le Sud-Ubangi, chaque heure compte désormais pour empêcher qu’un cas importé ne donne naissance à une transmission locale.
Par la rédaction

