La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo demeure particulièrement tendue. La rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/M23 a affirmé ce 11 mars que la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, aurait été ciblée à l’aube par une attaque de drones qu’elle attribue au gouvernement congolais. À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été fournie par les autorités de Kinshasa.
Dans une déclaration diffusée dans la matinée, le chef politique du mouvement, Bertrand Bisimwa, a dénoncé ce qu’il qualifie de « nouvelle escalade de la violence imposée par Kinshasa », affirmant que la ville aurait été « attaquée par des drones du régime de Kinshasa ». Il a également critiqué ce qu’il décrit comme le « silence des partenaires du processus de paix » face à cette situation.
Sur le terrain, plusieurs habitants de Goma ont indiqué avoir entendu de fortes détonations aux alentours de 4 heures du matin. « Nous ne savons pas encore s’il s’agissait de drones ou d’avions de chasse, mais les explosions ont été clairement perceptibles », a confié un résident joint par téléphone. Du côté de la rébellion, un responsable local a reconnu que les informations restaient encore fragmentaires, précisant que l’évaluation des éventuels dégâts humains et matériels était en cours.
Dans une autre communication, l’Alliance Fleuve Congo/M23 évoque une attaque qui aurait été menée « bien au-delà des lignes de front ». Ces accusations interviennent alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo poursuivent leurs opérations militaires dans l’Est du pays pour reprendre les territoires contrôlés par les rebelles.
Les autorités congolaises accusent depuis plusieurs années le mouvement rebelle de bénéficier d’un soutien du Rwanda, une accusation confirmée par différents rapports onusiens et la posture diplomatique de ce pays dans ce conflit. Pour le gouvernement congolais, la priorité demeure la restauration de l’intégrité territoriale et la reprise de toutes les zones sous contrôle rebelle dans le Nord-Kivu.
Dans ce contexte de tensions persistantes, plusieurs observateurs estiment que les déclarations des différents protagonistes s’inscrivent également dans une bataille de communication autour du conflit. Sur le terrain, cependant, la population civile continue de vivre dans l’incertitude, alors que les combats et les accusations mutuelles entretiennent une instabilité chronique dans la région.
Par Didier Mbongomingi

